Acupuncture Addiction Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Anarchisme Anatomie Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Arbre Aromathérapie Art Arthrose Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Cabane à sucre Calendrier Cerveau Chamanisme Channeling Chant Christianisme Coaching Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Cuisine Danse Dentisterie Eau Écologie Économie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Faune Femme Fleurs de Bach Forêt Genre Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Intention Jardinage Jeûne Jung Kabbale Leadership Lithothérapie Mantra Marche Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Microbiote Mort Mouvement Musique Mycothérapie Naissance Nature Naturopathie Neuroscience Numérologie Nutrition Ornithologie Ostéopathie Parkinson Permaculture Phamacopée Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Shiatsu Société Soin Corporel Son et vibration Soufisme Spiritualité Symbolisme Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vieillir Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche Zen
  Imprimer Imprimer

Pas de barquette, s'il vous plait, monsieur!

Champs libres

Pas de barquette, s'il vous plait, monsieur!

Plage sale
Photo : AdobeStock

Un peu dernière minute, je me commande un wrap au tofu dans une boutique d'aliments bio, tout juste avant d'aller visionner La part du diable au cinéma Beaubien. Pas le temps de vérifier le travail du commis, car je me cherche une boisson pour accompagner mon lunch : il me remet le sandwich sur une barquette de polystyrène emballé dans du cellophane.

– Merde, lui dis-je, j'voulais pas de barquette. Un papier ciré aurait fait l'affaire! C'est pour manger maintenant de toute façon !!!

J'essaie de ne pas être trop agressif avec les commis qui ne font qu'exécuter les consignes des patrons. Mais je ne suis plus capable du suremballage ainsi que des tonnes de déchets que ça génère, de leur impact sur nos nappes d'eau, nos rivières, notre fleuve, nos mers, notre biosphère, notre atmosphère et notre stratosphère.

En payant, j'ai tout répété mon boniment à la caissière en ajoutant que dans un magasin d'aliments naturels, le polystyrène devrait être banni. Allons-nous prendre nos responsabilités une fois pour toutes et cesser de suremballer les aliments dans des matériaux qui ne se recyclent pas, qui mettent des siècles à se décomposer, qui créent des îles flottantes dans les océans, qui asphyxient les poissons? Ce n’est pas parce nous n'en avons pas les moyens !!!! Comment se fait-il qu'on n'impose pas par la loi des barquettes en carton recyclé issu de notre propre industrie du recyclage, et non pas du pétrole de l'Arabie Saoudite? Si Cascades est capable de fabriquer des barquettes, toutes les entreprises qui gèrent la matière récupérée en sont capables.

En Europe où la densité des populations rend le problème des déchets encore plus criant, des innovations technologiques ont permis de réduire l'usage des matières plastiques. La chaîne de supermarchés néerlandaise Ekoplaza a récemment dévoilé la première allée de magasinage au monde, exempte de plastique. Cette chaîne a opté pour des substances biodégradables fabriquées par TIPA, la société de Daphna Nissenbaum, une ingénieure israélienne qui a conçu un emballage souple entièrement compostable.

En me rendant chez moi après le film, passe devant moi un jeune couple, marchant l'un derrière l'autre, chacun portant deux contenants en polystyrène superposés, en chemin pour aller, j'imagine, savourer leur repas à la maison. C'est bizarre, cette scène m'est restée dans la tête. J'aurais aimé la capter avec ma caméra. Elle aurait fait une image parfaite pour illustrer ce texte. Je vous laisse le soin de l'imprimer dans votre cerveau!

Polystyrène à la poubelle
Photo : AdobeStock

Quand je dis que le polystyrène n'est pas recyclable ni recyclé, je ne dis pas la vérité. En fait, des quelque 22 200 tonnes de polystyrène générées par les ménages québécois – ce chiffre exclut les usages industriels – 20 % sont recyclés. Le reste est acheminé aux sites d'enfouissement, ce qui équivaut à plus de 17 000 tonnes de polystyrène enfoui. Si on considère le poids plume de cette matière, imaginons le volume de matière que cela représente.

Bien qu'on ne puisse se passer des innovations technologiques en matière de gestion de déchets, bien que le procédé de recyclage du polystyrène soit brillant – le polystyrène est dissout dans une huile essentielle, nettoyé de ses impuretés, densifié et livré en granules vierges aux fabricants de produits avec cette matière –, je me permets de critiquer cette idée de dépenser de l'énergie pour recycler des matières issues du pétrole, dont on pourrait aisément se passer.

Laxisme chez Valmont
Laxisme typique d'un détaillant de fruits et légumes sur le plan de la réduction des déchets à la source.
Photo : Catherine Gagnon-Mackay

Peu importe les réponses technologiques qu'on puisse donner au problème des déchets, la solution repose sur une réduction de l'emballage à la source. Les initiatives en ce sens semblent prometteuses, mais pour le moment trop marginales pour générer un impact mesurable. Chaque Québécois produit 750 kg de déchets par année pour un total de 5,8 millions de tonnes. Honte à nous!

Site d'enfouissement
Photo : AdobeStock

Chez LOCO, parmi les premières épiceries Zéro déchet, on croit qu'avec de la conscience et de la volonté, on peut arriver à ne produire que 4 kg de déchet par famille par an ce qui représente moins de 1 % de notre moyenne. De plus en plus de boutiques se spécialisent dans la vente sans contenant. Ces entrepreneurs innovants tracent la voie pour une nouvelle façon de consommer. Il ne reste plus qu'aux Wal-Mart, Loblaws, Sobeys et Métro de ce monde à l'emprunter. Mais pour que ce rêve devienne réalité, la pression des consommateurs demeure l'arme la plus efficace. Si la conscience Zéro Déchet fait son chemin dans la tête d'un nombre suffisamment élevé de consommateurs, nous observerons des changements de comportement significatifs.

Marie-Ève Lecours
Marie-Ève Lecours, fondatrice propriétaire de l'Épicerie Zéro Déchet Les 3 fougères de Joliette
Photo : Yves Gagnon

Pour participer à cette transformation des habitudes de consommation, il importe de refuser le suremballage, quitte à passer parfois pour des râleurs, même des extrémistes. Notre devoir consiste à le faire, mais aussi à le dire. Acheter en vrac, réutiliser ses propres sacs et contenants doit devenir la norme en matière de consommation et si les citoyens n'y arrivent pas, je crois qu'on devrait les contraindre par des lois ou, à tout le moins, par des incitatifs financiers.

Par où commencer

Pour initier une démarche globale de réduction de déchets, voici quelques gestes qui, une fois posés, font une différence.

Utiliser pour ses emplettes ses propres sacs

Acheter en vrac

Bannir les aliments préemballés

Faire part aux commerçants de ses exigences envers l'approche Zéro Déchet

S'approvisionner dans une boutique Zéro Déchet

Bannir toutes bouteilles non consignées

Bannir les produits à usage unique comme les essuie-tout, le cellophane, les lingettes, les capsules de café, etc.

Refuser les circulaires

Apporter son lunch disposé dans ses propres contenants

Réduire l'usage du plastique

Bannir le polystyrène

Recycler toute matière recyclable. Bien nettoyer la matière avant de l'intégrer à son bac de récupération.

Jardiner

Composter ses matières organiques qui représentent 40 % des déchets que nous produisons. Les matières organiques enfouies produisent du méthane, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.

Il y a quelques semaines, en visite chez mon poissonnier de l'avenue du Parc, je commande 200 grammes de saumon fumé qu'il s'apprêtait à déposer sur une barquette en polystyrène. D'habitude, il emballe le poisson dans un sac de plastique que je lave et réutilise, donc je n'ai pas pris garde.

– Pas de barquette, s'il vous plait, monsieur!

Il me regarde d'un air excédé.

– Le poisson tranché, on met ça dans une barquette!

– Désolé, j’en veux pas de barquette : ça tue les poissons... votre gagne-pain!!

Certains ne comprendront jamais!

Plage souillée
Photo : AdobeStock

Épicerie LOCO à Montréal
www.epicerieloco.ca

Épicerie Vracs & Bocaux à Montréal
www.vracetbocaux.ca

Épicerie Les 3 fougères à Joliette
www.les3fougeres.com

Le circuit Zero Déchet
www.circuitzerodechet.com

Le Mini-vert
www.facebook.com/leminivert

La famille Zéro Déchet
www.famillezerodechet.com

Tipa, emballage biodégradable
www.tipa-corp.com

Le plastique dans nos océans
www.youtube.com/watch?v=CoOYr2rmSqs
www.youtube.com/watch?v=Q8OcOwyfFmI
www.youtube.com/watch?v=ju_2NuK5O-E

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage


Accueil
  Flèche gauche
Volume 14, numéro 4 — Mardi, 3 avril 2018
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE