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Incroyable Victoriaville

Champs libres

Incroyable Victoriaville

Je fus demandé en mars dernier pour prononcer une conférence sur la production de semences à la bibliothèque Charles-Édouard Mailhot de Victoriaville dans le cadre de la Fête des semences locale, sans foire commerciale, un événement éducatif, une célébration du patrimoine génétique, une occasion pour échanger des semences.

La rencontre fort courue était organisée par la ville, en partenariat avec Les Incroyables Comestibles, un mouvement international visant la création de jardins publics, dont les fruits sont à partager entre tous les membres de la communauté comme l'indique l'affichette « Nourriture à partager » qu'on y trouve bien en vue. Je savais que de tels jardins avaient été aménagés à Montréal par le Collectif de recherche sur l’aménagement paysager et l’agriculture urbaine durable (CRAPAUD) et à Québec par Les Urbainsculteurs, mais je n'avais aucune idée de l'ampleur qu'avait pris le mouvement dans des villes de moindre taille, comme Victoriaville.

Avant ma présentation, Guylaine Martin, membre bénévole de l'équipe de coordination citoyenne des Incroyables Comestibles Victoriaville, présentait les réalisations du mouvement des dernières années qui se chiffrent à près d'une centaine de projets à échelles variables, tous axés sur le partage de fruits, de légumes et d'herbes. Je fus émerveillé par le travail accompli, la somme des projets et l'effet d'engouement que suscite cette philosophie communautaire hors du commun. Je fus impressionné par l'implication de la ville qui est entrée de plain-pied dans la mouvance. Après avoir livré mes enseignements, j'ai proposé à Guylaine de la rencontrer afin d'en apprendre davantage sur le mouvement.

Incroyables Comestibles, Todmorden
Photo : Incroyables Comestibles, Todmorden

Pamela Warhurst a participé à la création de ce mouvement informel à Todmorden, une ville britannique de 15 000 habitants située entre Leeds et Manchester. Elle se disait qu'en établissant des cultures alimentaires sur les terrains inutilisés de la municipalité, les récoltes obtenues permettraient de nourrir une partie de la population avec des aliments frais, biologiques et locaux. Ces jardins de propagande comme elle aime les appeler ont pris tant d'importance dans cette ville qu'ils ont suscité une activité touristique florissante. L'intérêt démontré pour l'approche vertement révolutionnaire a permis la multiplication de l'initiative dans moult lieux de la planète, dont le Québec.

Jour du lancement des Incroyables Comestibles Victoriaville
22 avril 2015, jour du lancement des Incroyables Comestibles Victoriaville
Photo : Guy Samson

Émilie Viau-Drouin, étudiante en agriculture biologique au Cégep et Alexandre Guillemette, citoyen, lancent les Incroyables Comestibles Victoriaville le 22 avril 2015. Deux cents personnes ont répondu à l'appel ce qui a fortement stimulé les instigateurs du mouvement qui ont formé un comité organisateur des plus dynamiques. Il importe de préciser que les Incroyables Comestibles n'est pas constitué en un organisme à but non lucratif. Le mouvement fonctionne avec une structure minimaliste, sans règlements généraux, sans conseil d'administration, sans compte de banque, sans budget et sans rapport annuel. Tout carbure à la bonne volonté, à l'implication des citoyens, des organismes locaux et des instances municipales.

À Victoriaville
Photo : Ville de Victoriaville

Le premier projet d'envergure fut initié par le Service de l'environnement de la ville en 2015. Un terrain appartenant à la Commission scolaire des Bois-Francs fut transformé en un jardin de partage. Il fut baptisé le Jardin des Rendez-vous. Le Club d'ébénisterie, logé dans les locaux de l'École nationale du Meuble et de l'Ébénisterie s'est chargé d'assembler les 60 bacs en mélèze destinés aux cultures et la Société d'horticulture a contribué aux semis.

Des citoyens commencent à aménager des zones de production en libre service. Dès 2015, on observe 25 sites allant d'un simple bac de plastique à un jardin de devanture.

Bac de GuylainePot comestible
Photos : Guylaine Martin

C'est en 2016 que le mouvement prend véritablement son envol avec une multitude de projets qui prennent forme simultanément. Une subvention de 4000 $ permet d'établir en collaboration avec la ville des dizaines d'arbres et d'arbustes fruitiers dans le Jardin des Rendez-vous qui devient dès lors un parc urbain doté d'un mandat éducatif. Un étudiant y est présent 40 heures par semaine et répond aux questions des citoyens. On y cueillera entre autres des pommes, des prunes, des poires, des camerises et des gadelles. La ville offre des semences aux écoliers du primaire qui produisent des semis pour le jardin.

Dans le jardin municipal du réservoir à vocation libre-service, on installe des bleuetiers. En plein centre-ville, dans le Carré 150, on transplante 3 amélanchiers et 40 bleuetiers. La ville accepte de laisser aller 6 de ses pots de fleurs à des fins de jardinage en partage. Des entreprises ou organismes voisins prennent la responsabilité de l'arrosage et de la fertilisation sans engrais chimiques.

En 2017, c'est un total de 88 sites Incroyables Comestibles qu'on trouve sur le territoire de Victoriaville. La ville offre 6 bacs à fleurs supplémentaires. Les ainés s'impliquent et démarrent le volet Incroyables ainés. Cinq résidences participent. À la Villa Saint-Georges, on assemble 3 bacs de 2 pieds sur 8 pieds dans lesquels on cultive concombres, haricots et fines herbes.

Villa Saint-Georges
Villa Saint-Georges. - Photo : Émilie Lévesque

Julie Champagne installe en plein quartier résidentiel sur le côté et la devanture de sa maison 11 bacs de culture à partager en bois. Comme elle le fait souvent, la municipalité a contribué en fournissant du substrat pour la création de ces jardins altruistes, jusqu'à concurrence d'un 10 roues de terre. Une carte de membre Je crée l'abondance donne droit à certains avantages et rabais chez des marchands partenaires.

Julie Champagne
En 2017, Julie Champagne installe sur son terrain résidentiel 11 bacs de culture à partager
Photo : Nick Simoneau

Guylaine m'informe que cette année dans son bac à partager, il y aura, en plus de fines herbes, des tomates cerises Cherry Fox dont je produis les semences. Responsable de la page Facebook du mouvement, de son rayonnement et du calendrier des événements, elle est fière de me décrire les réalisations du mouvement. En 2018, on comptera plus de 100 sites Incroyables Comestibles.

Elle me résume le cheminement parcouru en trois années seulement par ces mots tous simples : un bac à la fois.

Guylaine Martin
Guylaine Martin, après l'entrevue qu'elle m'a accordée. - Photo: Yves Gagnon

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Références :

Incroyables comestibles Victoriaville/

La Nouvelle : Julie Champagne cultive l’esprit de partage

Présentation du mouvement par Guylaine Martin :
Présentation Fête des semences (format pdf)

Conférence de Pamela Warhurst sur les Incroyables Comestibles

Le pianiste Yves Léveillé en résidence au petit Outremont

Vous ne connaissez peut-être pas Yves Léveillé! C'est un grand pianiste de la scène jazz québécoise. Pour vous situer, c'est lui qui accompagnait Marie-Thérèse Fortin lors de son récital consacré à Barbara. Le pianiste a produit 7 albums originaux chez Effendi, tous louangés par la critique et les amateurs. Il participe régulièrement à des tournées internationales en Europe, aux États-Unis et en Asie. Récemment, il était en tournée en Chine avec François Bourassa et Josée Simard. Son piano est céleste et divin et il est reconnu comme un maître de l'improvisation comme il l'a démontré le jeudi 26 avril sur la scène du petit Outremont qu'il occupait avec Guy Boisvert à la contrebasse, Alain Bastien à la batterie, Jacques Kuba-Séguin à la trompette et Yannick Rieux aux saxophones. Un spectacle qui m'a fait grand bien, m'a permis de léviter un peu en ces temps de politiciens polystyrène et de plastiques bitumineux.

La série de trois concerts intimistes baptisée Bourdonnements qu'il livre au petit Outremont propose une rencontre avec les musiciens à partir de 19 h, de petites bouchées, puis un spectacle en deux parties à partir de 20 h. La taille de la salle et la qualité du son font de la prestation un événement exceptionnel, comme une fleur à butiner.

Yves Léveillé en remet les jeudis 3 mai et 10 mai. Le 3 mai, dans un spectacle intitulé Ruche Intergénérationelle, il mettra en contraste deux générations de musiciens virtuoses : Roberto Murray aux saxophones, Pierre Mendola à la flûte, Olivier Salazar au piano-vibraphone, Fred Alarie à la contrebasse, Alex Leblanc à la contrebasse, Camil Bélisle à la batterie et Noam Guerrier-Freud également à la batterie.

Le 10 mai, il conclura la série avec un spectacle plus intimiste baptisé Dialogue dans lequel il échangera avec Yannick Rieux aux saxophones et Jean-Nicholas Trottier au trombone.

Vous découvrirez, en assistant à l'une de ces prestations, un créateur des plus talentueux qui mérite qu'on s'arrête pour écouter des fragments de sa beauté intérieure.

Merci Yves pour ces magnifiques bourdonnements.


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Volume 14, numéro 5 — Mercredi, 2 mai 2018
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