Volume 14, numéro 10 – Mercredi, 12 décembre 2018

Avant qu'on ne s'éteigne

Avant qu'on ne s'éteigne

Avant que ne flétrissent les monarques
Que ne disparaissent les parulines
Avant que ne pullulent les sauterelles
Et que nous envahissent les ronces
Il nous faudra praliner la route
Par laquelle nous irons
Puiser la lumière
Au cœur de la grande forêt
Nous en ferons une armure
Pour ceinturer la Terre
Avant qu'on ne s'éteigne
Nous en ferons un tapis
Pour parcourir le ciel
Avant qu'on ne s'éteigne

C'était en janvier 2010, suite au décès de son conjoint Yan-Jacques Viau, que Renée me demandait de contribuer à l'infolettre de la défunte librairie Biosfaire. J'ai signé mon premier texte en février 2010 et n'est cessé depuis de publier des chroniques baptisées Champs libres au sein d'un webzine iconoclaste qui allait devenir covivia à partir d'août 2011. J'ai traité d'alimentation et de restauration, de jardinage et d'agriculture, du pays et de certains de ses citoyen.e.s marquant.e.s, d'écologie et de changements climatiques, une problématique qui me préoccupe plus que tout autre, puisque l'effet de serre, sa cause première, n'a cessé de s'accentuer au rythme d'une croissance constante de dioxyde de carbone émis dans l'air, mais aussi du méthane (1 kg de méthane équivaut à 21 kg de CO2), issu de l'élevage (1 kg de bœuf produit 10 kg de carbone), des rizières, des sites d'enfouissement, des puits de gaz orphelins et de plus en plus du pergélisol qui, en dégelant, libère le méthane qu'il gardait enfoui dans ses entrailles. Ce phénomène, nommé effet d'emballement, fait que nous n'aurons plus à contribuer aux changements climatiques puisqu'il se fera tout seul, de manière autonome. Ce sera alors la fin pour nous ainsi que de celle de tous les grands mammifères, fruits d'une prodigieuse évolution de millions d'années, voire de milliards.

À 88 ans, Harvey Mead résume dans son livre La fin d'un monde et le début d'un nouveau qui vient de paraître aux Éditions Écosociété qu'«il est trop tard pour préserver la vie telle que nous la connaissons. Trop tard aussi pour le développement durable. » Lorsqu'on observe les agissements de Doug Ford qui a sabré dans tous les programmes gouvernementaux ontariens visant à limiter les émissions de carbone, l'achat par le gouvernement canadien de l'oléoduc Trans Mountain dans le but d'accroître la production de pétrole des sables bitumineux (le bilan carbonique le plus élevé pour une extraction de pétrole), le comportement de Donald Trump qui souhaite un retour au charbon comme source d'énergie et enfin l'approche économiste de notre tout récent gouvernement caquiste majoritaire (honte à nous Québécois.e.s d'avoir élu ces matérialistes) dont une des premières décisions fut d'ouvrir le parc du Mont-Tremblant aux motoneiges!!!! Beau projet de société!

Je ne sais pas si vous vous souvenez de ma chronique intitulée 400 ppm dans laquelle je citais Bob Ward, directeur des communications à l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement de la London School of Economics and Political Science qui affirmait que la dernière fois que notre atmosphère avait connu une telle concentration de C02, c'était il y a 3 millions d'années. Le directeur affirmait: « nous sommes en train de créer un climat préhistorique dans lequel notre société va devoir faire face à des risques énormes et potentiellement catastrophiques. »

Suite à l'élection de George W. Bush jr aux États-Unis en novembre 2004, je fus gagné par une morosité lancinante qui m'avait conduit à fermer pendant plusieurs mois radio et télévision afin de ne pas entendre toutes ces nouvelles inéluctables, annonçant des décisions qui ont accéléré la destruction de la Vie sur Terre, pour moi, notre bien commun le plus précieux, que nous devrions chérir, dont nous devrions, collectivement, devenir les plus ardents défenseurs.

Malheureusement, l'humanité a choisi la cupidité plutôt que le détachement, l'accumulation plutôt que la sobriété, le moi plutôt que le nous, la bourse plutôt que la Vie, l'avoir plutôt que l'être. Nous revoilà aujourd'hui avec un paysage politique déconcertant, sans aucune compassion pour cette biodiversité qui est détruite à un rythme jamais connu sur terre, et cela, au nom de quelques profits de multinationales vouées de toute façon à une désintégration prochaine.

Un jardin à la fois

Comme je l'écrivais en 2004 dans Un seul jardin, suite à l'élection de George W. Bush jr, pour me préserver de la dépression et de la tristesse, je retourne au jardin, un jardin à la fois, un jour à la fois. Je me ferai le plus carboneutre possible en limitant mes déplacements, et en prenant soin des quelques hectares de terre dont j'ai la responsabilité. Je le ferai au mieux de mes connaissances et j'essaierai d'aider les gens de bonne volonté qui veulent apprendre de mon expérience, qui souhaitent s'investir dans la beauté de la Vie, s'en nourrir et la nourrir. L'illusion du bien-être liée à l'avoir est d'une telle supercherie que je n'ai eu de cesse durant toute ma vie de la dénoncer. Il faut croire que la bière à 1$ répond mieux aux aspirations de nombreux êtres humains que le développement de parcs naturels où peut s'exprimer une biodiversité qui par sa beauté nourrit l'enfant intérieur présent au cœur des humains, trop souvent enfoui sous des centimètres de graisse de porc et noyé dans des centilitres de bières bon marché, brassées par des multinationales, sans égard pour les cultures d'orge et de houblon, vaporisés d'herbicides, nourris de fertilisants chimiques, aspergés d'insecticides, du moment que leur coût de revient soit au plus bas ce qui leur permet de payer des dividendes à leurs actionnaires qui pourront ainsi acquérir le plus récent quatre par quatre avec lequel ils piétineront allègrement la nature sauvage en toute impunité et répandront dans l'atmosphère le mortel CO2.

Je retournerai au jardin pour me nourrir, nourrir mon intériorité, me gaver de beauté et créer un havre de paix pour moi et mes proches, pour les insectes, les oiseaux, les papillons, les batraciens et les plantes qui pourront y trouvent refuge. Je leur offrirai de l'eau, de l'ombre, du nectar, du pollen, un milieu nourricier où ils pourront oublier comme moi et mes proches, la bêtise de l'Homme.

Je deviendrai grand-père en décembre et j'aurai 65 ans en février. Il faut être courageux pour mettre un enfant au monde aujourd'hui. Je lui transmettrai tout ce que j'ai appris et lui enseignerai l'importance du vivant, de l'amour et du détachement.

Nous célébrerons en 2019 les 40 ans des Jardins du Grand-Portage. Nous continuerons de recevoir des gens dans ce milieu que nous avons créé avec passion Diane et moi, ne ménageant aucun effort pour le rendre inspirant et surtout, riche d'enseignements. Je continuerai de transmettre les valeurs qui me sont chères jusqu'au jour où je m'éteindrai, serein, heureux d'avoir mené une vie cohérente, empreinte de respect et d'amour, une vie où la Vie aura toujours été au cœur de mon action.

Si vous avez apprécié mon compagnonnage durant ces huit années, vous pouvez toujours vous vautrer dans mon livre Un seul jardin par lequel vous pourrez m'accompagner au jour le jour dans mon jardin. Je continuerai d'écrire et de réciter de la poésie. Je travaillerai aussi sur un projet de livre sur l'autonomie alimentaire, un ouvrage qui pourra, je l'espère, être utile dans les périodes de turbulence qui s'annoncent.

Et si le cœur vous en dit, nous pouvons poursuivre la conversation aux Jardins du Grand-Portage à l'occasion de notre quarantième anniversaire. Nous organiserons tous les dimanches des activités festives avec musique, poésie, agapes et floralies. Que la vie vous soit douce et je vous dis merci de m'avoir lu durant toutes ces années où je préparais avec fébrilité notre rendez-vous au cœur de mes champs libres.

Sur une note humoristique

J'ai toujours réussi à survivre grâce à l'humour. Celle-ci m'a bien servi, surtout à l'adolescence. Je termine donc cette série de chroniques par un dernier texte qui, je l'espère, vous fera sourire. Bonne continuation.

Ma brosse à dents brosse pu pantoute !! Est flatt ! J'emprunte celle de ma femme, mais elle goûte sa pâte à dent Crest Sensi-Namel à la menthe fraîche dont je ne peux supporter la saveur. Donc, un p'tit croche chez Famili-Prix pour me trouver une brosse à dent pas trop dure sur l'émail et les gencives. Mais, que constate-je, il y en a des centaines de modèles : les Colgate Xtra Clean, Max White, Wave, Zig Zag, Slim Soft, Optic White, les Gum Supreme, Deep Clean, Micro Tip, Super Tip, Dome Trim, Ora Clean, les Oral B Complete, Indicator, Cavity Defense, Pro Health, Advantage et enfin les Reach Crystal Clean et Total Care, chacune en version medium, soft et ultrasoft. Et je ne parle pas des modèles pour enfants, pour dentiers, gencives fragiles et gingivites, les électriques, avec fil, sans fil, piles rechargeables, téléphone intégré, caméra pour les gencives, puce pour enregistrer vos brossages et la toute dernière, la brosse à dents musicale qui vous fait entendre un reel de 3 minutes, le temps que devrait durer un bon brossage!

Laquelle choisir? Je me suis dit que ça ne devait pas être très évident pour vous aussi. Alors je me suis lancé dans un large essai clinique afin de vous aider dans votre choix. J'en ai acheté une de chaque modèle et depuis ce temps, j'en essaie une par soir. Je suis dorénavant en mesure de vous dire laquelle est la meilleure pour vous : il s'agit de la Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft. J'aime la tendresse de ses poils durables, non dommageables pour l'émail et les gencives, mais surtout j'en apprécie la grippe qui me rappelle mon driver Spalding lorsque je jouais au golf. Vous aurez, lors de vos brossages quotidiens grâce à la Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft une expérience sensorielle unique de confort et de bonheur liée à une interaction intime avec vous-même. En effet la bouche n'est-elle pas l'endroit par où tout commence? L'essayer, c'est l'adopter. Vos French kiss ne seront plus jamais les mêmes !

Pour vous aider à la retrouver parmi les centaines de modèles que les pharmacies vous proposent, vous n'avez qu'un seul nom à retenir:

La brosse à dents Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft

Son nom de code chez Gum est la 454. On ne la trouve pas partout, mais sachez que chez Famili-Prix à Saint-Gabriel, on la repère facilement grâce à une affichette qui indique :

Testée pour vous par le jardinier biologique
Yves Gagnon de Saint-Didace
un gastronome qui ne se met pas
n'importe quoi dans la bouche.
L'essayer, c'est l'adopter!

La brosse à dent Gum Super Tip Multi Level Cleaning Sunstar Ultrasoft

Pour être conséquent avec l'approche zéro déchet et pour sortir le plastique de nos vies, sachez qu'il existe maintenant des brosses à dents avec manche en bambou. Je ne les ai pas encore essayé, mais ça fait partie de mes projets. À une prochaine j'espère et encore une fois, merci pour tout ce temps passé ensemble ....

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage