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Le bonheur de l'onde

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Le bonheur de l'onde


photo: Diane Mackay

D'aucuns pensent que lorsqu'on vit dans un jardin, on ne doit jamais vouloir s'en extraire. Je le concède, partir est déchirant, angoissant même parfois. Mais, force est d'admettre qu'il est impératif d'en sortir quelques fois durant la saison afin de pouvoir mieux y revenir. Pour poursuivre l'oeuvre, il faut s'inspirer de la magnificence de la vie, contempler une kyrielle de paysages, se nourrir d'autres jardins, mais surtout de grande nature, vierge et sauvage, là où l'homme brille par son absence, sans trace aucune de ses exactions.

En août dernier, nous sommes allés frayer du côté du Lac au Sorcier qui scintille en plein coeur de la Réserve faunique Mastigouche dans une zone nommée Les basses collines du Lac au Sorcier que le gouvernement québécois projette de classer Réserve de biodiversité, ce qui lui confèrera une protection permanente régie par la Loi sur la conservation du patrimoine naturel.

Afin de pouvoir quitter notre jardin en période d'ouverture au public, il nous faut trouver quelqu'un pour garder la maison, surveiller le jardin, soigner les animaux et accueillir les visiteurs. Comme nous n'avons eu confirmation de notre gardienne qu'une semaine avant les dates prévues pour notre escapade, aucun refuge — notre premier choix — n'était disponible. Nous avons donc décidé de piquer notre tente au camping rustique du Lac au Sorcier, aménagé au sein d'une vieille pinède coiffant un plateau qui donne sur une vaste baie formant l'embouchure du lac.

Jamais nous ne fréquentons la réserve sans apporter notre vieux canot de cèdre, une embarcation légère et sans âge qui offre une glisse admirable. Dès que la tente fut montée, blottis dans notre canot, nous explorons la baie, saluons les huards pour finalement nous arrêter sur une plage ensoleillée d'où nous laissons dériver nos corps à la surface des eaux bienveillantes du lac.

Sur le chemin du retour, nous pagayons à l'unisson, ce qui nous permet de fendre l'onde silencieusement, en communion parfaite avec l'environnement spectaculaire qui nous ceinture. Le soir, nous dégustons un copieux repas de légumes grillés sur la braise accompagnés de pâtes au pesto alors que la lumière du feu se reflète sur les troncs des conifères géants qui nous entourent.

Le lendemain, après une nuit salutaire, nous partons à la découverte du grand lac. Ses kilomètres de rivages, à première vue homogènes, offrent des scènes captivantes, pour autant qu'on s'en approche. Sans bruit, épousant intimement la rive, nous observons les empreintes des glaciers qui sont passés par là il y a des milliers d'années et contemplons les prodigieuses manifestations du règne vivant. Nous admirons les roches, les mousses et les lichens qui les colonisent, la féconde végétation riveraine et aquatique ainsi que la profusion d'oiseaux qui ne semblent pas faire cas de notre présence. Nous repérons les pins blancs solitaires qui bordent le lac ou surgissent de la canopée forestière recouvrant les montagnes environnantes aux formes parfois arrondies parfois angulaires.

Les arbres, morts ou vivants me fascinent. Ici, c'est un bonsaï géant qui s'arcboute au dessus de l'onde. Là, ce sont deux arbres défunts émergeant de l'eau qui se font la bise, perpétuant ainsi leur majesté...

Yves Gagnon

Site internet : Les Jardins du Grand-Portage

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Volume 9, numéro 14 — Mercredi, 11 septembre 2013
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