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Mal dedans

Bottin des ressources : Jardins du Grand-Portage

ChampsLibres

Mal dedans

Tout a commencé avec un coeur de fenouil. Un coeur dur de fenouil que je me suis mis sous la dent et qui enfonça une couronne d'acier inoxydable dans ma gencive, provoquant ainsi une hémorragie interne. Le sang s'infecta pour rapidement faire enflammer la mâchoire et initier une fièvre.

Ma clinique dentaire étant fermée pour deux semaines, je dus parcourir pages jaunes et bottins régionaux pour dénicher une clinique dentaire qui pourrait me recevoir dans deux jours. Douze heures de supplice plus tard, je décidai d'utiliser mon coupe-papier en bois pour pousser la couronne hors de son socle: elle s'extirpa sans résistance. En rinçant ma bouche à répétition avec une solution de Solvarome, je pus résorber l'infection. L'examen du dentiste confirmait le décès de la dent et de son extraction comme seule option ce que fit mon dentiste dès son retour à la clinique. Une dent en bas à droite, à l'ouest dirais-je, une dent extraite de ma mâchoire, pour les siècles des siècles. Je dus alors mastiquer avec mes dents de gauche, ce qui me fit percevoir une sensibilité nouvelle à l'est, à la mastication et à la chaleur. Retour chez mon dentiste qui diagnostiqua à partir d'une nouvelle radio une carie mal placée, au pied d'un pont, et probablement assez profonde pour avoir atteint le nerf. Je fixe un rendez-vous pour le lundi matin suivant, jour de notre départ pour un congé d'une semaine à l'Île aux Coudres où nous devions, Diane et moi, relire une dernière fois le manuscrit d'Autour de la terre.

Lundi

L'obturation se fit à l'heure prévue avec un gel en profondeur à la xylocaïne. La fraise a atteint le système nerveux. Le canal est touché. Une suite difficile à prédire m'informe mon dentiste!!!

De retour à la maison, nous quittons à midi tel que prévu. Lunch à Deschambault. À Saint-Tite-des-Caps, ma bouche dégèle. Je perçois une nouvelle douleur, une sensation aiguë à l'est, étrangement orientée vers le haut, alors que l'obturation fut pratiquée sur une dent du bas. Je demande à Diane si on a de la codéine avec nous, un narcotique qui normalement neutralise la douleur due à un abcès. Les 222 sont dans la trousse, me confirme-t-elle. Je suis soulagé. J'attribue la douleur à la cicatrisation de l'obturation. Soirée sereine. Sommeil profond.

Mardi

Matin parfait. Ballade matinale en vélo jusqu'à Saint-Louis, arrêt obligé sur le quai d'où je salue le soleil. Après quelques heures de correction, un lunch fait de saucisses Tofurky grillées réveille la douleur, diffuse au début, mais persistante et toujours dans le haut. Privé d'huile essentielle de clou de girofle ou de myrrhe qui font normalement partie de mon arsenal antidouleur, j'applique sur la gencive de la teinture d'échinacée. Durant la soirée, j'ai toujours espoir que la douleur provient de la cicatrisation naturelle de l'obturation.

Mercredi

222À l'aube, la douleur s'endure, mais elle s'accentue vers 11 heures alors que nous corrigeons le troisième chapitre; elle s'intensifie avec l'ingestion du restant des lentilles du souper de la veille. Toutefois, j'endure et nous poussons nos vélos jusqu'au bout du Chemin plus proche du phare. Je ne peux cependant empêcher le vent d'investir l'anfractuosité qu'est ma bouche ce qui accentue le sentiment de névralgie jusqu'à mes oreilles. Je décide de prendre mes premières 222 dès le retour. Codéine et acide acétylsalicylique gobés, je prépare le plat de pâtes du souper avec toujours cette lame lancinante qui me traverse la mâchoire et me fend le visage en deux. La douleur persistante allait me garder éveillé toute la nuit durant laquelle j'ai dû faire gicler de la teinture d'échinacée sur la gencive aux 15 minutes pour atténuer ce sentiment de pression interne qui montait parfois d'un cran, créant sans avertissement un élancement martyrisant. Je savais dorénavant — je n'en suis pas à mon premier abcès —que la douleur était causée par l'infection d'un canal, phénomène attribuable à la mort d'une dent.

Jeudi

Lever du corps difficile avec une douleur lancinante qui ne me donnera aucun répit. Je me demande pourquoi la codéine ne procure pas le soulagement usuel. Le médicament serait-il périmé? Après vérification de la date de péremption, je constate qu'elle est dépassée de deux ans. Je décide de me rendre à la pharmacie de l'île pour acheter un autre médicament. J'en profite pour téléphoner à mon dentiste afin de lui expliquer ma souffrance. Il pourrait me recevoir vendredi à 11 heures.

IbuprophèneJe passe à la pharmacie où je raconte mon histoire à la pharmacienne qui me recommande des comprimés à base d'acétaminophène et de codéine : j'en ingurgite immédiatement deux espérant toujours un soulagement. Malgré la douleur persistante, nous décidons d'amorcer en vélo le tour de l'île. Mais après 15 minutes d'efforts, avec le vent qui s'engouffre dans ma bouche, un pic de douleur m'arrête. C'est insupportable. Je prends deux autres comprimés et informe Diane que nous rebroussons chemin et quitterons l'île, sans délai. Il est quinze heures. Nous revenons au motel. Je prends deux autres Lenoltec qui ne me seront d'aucun effet. Nous rangeons notre matériel de cuisine, plions bagage. Constatant que l'eau froide réduisait la violence du mal, j'ai demandé à la propriétaire du motel en sortant si elle n'avait pas quelques cubes de glace. En appliquant un glaçon directement sur la dent, le mal disparait... Avant de prendre le traversier, je me fais une réserve de glaçons. Assis, misérable sur le siège du passager, je suce, je crache, je suce et crache... en boucle. La douleur gèle. Lorsque j'arrête de sucer, elle reprend avec une violence insupportable.

Une fois traversés, on s'arrête à la pharmacie de Baie-Saint-Paul où je demande une consultation avec le pharmacien qui m'informe que les narcotiques ne sont pas efficaces contre les maux de dents, que ça prend de l'ibuprofène — un anti-inflamatoire — combiné à de l'acétaminophène. J'achète les médicaments et en prends deux de chacun tout en continuant à sucer mes glaçons......

À Sainte-Anne de Beaupré, les pilules n'ont toujours pas fait effet : j'en prends encore deux et continue à me geler la dent. Nous nous arrêtons finalement dans un motel à Cap-Santé. Je regarde la télé jusqu'aux petites heures, suçant et crachant systématiquement l'eau de fonte des glaçons. Parfois je m'endors. L'eau qui coule de ma bouche est absorbée par une serviette posée sur l'oreiller, mais dès la fonte du glaçon, la douleur reprend. Je dors tout au plus une demi-heure.

Vendredi

CodéineNous reprenons la route pour arriver à la clinique dentaire un peu avant onze heures, ma réserve de glaçons dans un petit bol, un autre pour cracher. Compatissant, le dentiste me fait asseoir dans la chaise et m'ouvre la dent, ce qui neutralise la pression interne et me procure un soulagement instantané. Il nettoie sommairement les canaux de la dent avec une petite brosse à ramoner, applique un médicament et me referme la dent. Il me prescrit des Empracet — 30 mg de codéine — et un antibiotique de la famille des pénicillines. Je lui explique qu'étrangement je ressens la douleur dans le haut de ma bouche. Il me répond que tous les conduits nerveux sont connectés et que c'est courant qu'on ressente une douleur dans le haut pour un abcès dans le bas. Au retour, je passe à la pharmacie prendre les comprimés de codéine, mais décide d'attendre pour l'antibiotique que je prendrai en dernier recours.

Samedi

La douleur reprend sur l'heure du midi avec une violence encore jamais atteinte. La codéine est toujours aussi inefficace tout comme la teinture de myrrhe.

Dimanche

J'atteins des pics de douleur insupportable. Je double la dose de codéine sans résultats. J'appelle ma maman. Elle me recomande de retourner chez le dentiste dès le lendemain matin.

Lundi

Je décide de passer à la pharmacie à la première heure pour aller chercher l'antibiotique prescrit. Je laisserai le temps au médicament de faire effet. Je prends codéine sur codéine, toujours aussi inefficace tout comme les glaçons dorénavant.

Mardi

Aucune amélioration. J'en pleure.

Mercredi

Je sollicite en urgence un rendez-vous chez mon dentiste. Aussitôt arrivé, il ouvre la dent, la ramone, applique un médicament, la referme et me demande d'attendre dans la salle d'attente afin de voir l'évolution de la soufrance. J'ai toujours aussi mal. Il décide de l'ouvrir à nouveau et de la refermer cette fois avec une ouate, ce qui devrait empêcher la construction de la pression interne. Devant mon visage défait par la douleur que j'endure maintenant depuis 10 jours, il me prescrit des Dilaudil — 2 mg de morphine —. Dès mon arrivée à la maison, je gobe deux comprimés. Je ne me souviens plus de la suite.

Jeudi

La douleur reprend après le dîner. Plus vive. Du crâne au cœur en passant par l'oreille et toute la mâchoire à l'est, surtout dans le haut. Autre morphine qui agit à peine. J'examine ma dent et décide à l'aide d'une aiguille d'en extirper la ouate. Mince soulagement. Autre dose de morphine pour la nuit.

Vendredi

AntibiotiquesÇa fait 5 jours que je prends de la pénicilline sans percevoir aucune amélioration. Ce n'est pas que j'abuse. La dernière prise doit remonter à 25 ans. On est vendredi. Je ne veux pas être sans ressources pour la fin de semaine. Je téléphone à la réceptionniste et lui demande de vérifier si le dentiste ne peut m'émettre une ordonnance pour un autre antibiotique. Il prescrit par téléphone de l'apoclindamycine que je pars sans délai chercher à la pharmacie. « Pourtant je n'en prends jamais, ça devrait agir. » commentai-je à la pharmacienne qui répond : « Ce n'est pas vous le problème, ce sont les bactéries qui deviennent résistantes. »

Samedi

Sur l'heure du midi, après 4 comprimés de l'antibiotique, début de soulagement : l'apoclindamycine semble agir sur l'infection. Enfin, un peu de répit dans la douleur et la souffrance.

Enfin!

Une pilule bleue
Pour le ciel bleu
Une pilule rose
Pour la vie en rose
Une dragée verte
Pour aimer Ginette
Une tisane violette
Pour devenir moins lette

Tu tombes malade tout l'temps
Pourtant y'a tant d'médicaments
Pour le bon fonctionnement
De ton colon tes ganglions
Un vaccin pour la rougeole
Tu vas te faire poigner par la rubéole
La maladie mentale
Profite aux multinationales
Plus t'es croche
Plus ils empochent

Une pilule bleue
Pour le ciel bleu
Une pilule rose
Pour la vie en rose
Une dragée verte
Pour aimer Georgette
Une infusion violette
Pour paraître moins lette

Manger d'la vache enragée
Génétiquement modifiée
Ça rend dépendant
Des médicaments
Acheter des parts là-dedans
Ça va dev'nir payant
La santé nationale
Profite aux multinationales
Plus t'es croche
Plus ils empochent
Si tu pouvais être malade tout l'temps
Ce serait bon pour leur bilan
Quand tu prends tes calmants
Pour leurs actions un p'tit r'montant

Une pilule bleue
Pour le ciel bleu
Une pilule rose
Pour la vie en rose
Une dragée verte
Pour aimer Paulette
Une décoction violette... ouash
Dans les toilettes

Dernière heure. J'ai reçu un traitement mais le dentiste n'a pu nettoyer le quatrième canal obstrué par une calcification. Si la douleur reprend, je devrai voir un spécialiste...
Histoire à suivre.

PointeOuest

Une première à Joliette

Une Halloween engagée et déjantée avec Terre cuite

Cette année, offrez-vous une expérience moléculaire atomique pour l'Halloween.

Yves Gagnon vous invite le vendredi premier novembre prochain à 20 heures à la salle La Mitaine — sis au 614, Saint-Antoine à Joliette — pour voir et entendre son cabaret agroalimentaire Terre cuite qui ravit les spectateurs depuis 2009. Les musiques originales aux accents jazz, blues et country de Richard Lalonde habillent à merveille les textes désopilants de l'auteur Yves Gagnon, dont les populaires Suzie Chick Pea, Lobster Roll et L'erreur du beau Réal. Le cabaret est engagé, drôle, dynamique et sans gras saturés.

Pour cette édition singulière du spectacle, vous pourrez entendre Richard Lalonde à la voix, aux saxophones et aux flûtes, Gaétan Daigneault aux claviers, Marc-Antoine Sauvé aux guitares et à la mandoline, Yves Gagnon et Guillaume Campeau-Vallée aux voix, aux chorégraphies et aux élucubrations.

Bienvenue à cet évènement, drôlement pertinent à chaque instant.

Réservation : info@jardinsdugrandportage.com ou 450 835-5813

TerreCuite


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Volume 9, numéro 16 — Mercredi, 9 octobre 2013
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