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Ouf!

Champs libres

Ouf!

Au moment même où je reprenais la rédaction de cette chronique à la fin d'août, je me remettais à la correction, à la révision et à la finalisation de mon livre de cuisine, Le festin quotidien, en gestation depuis 30 ans, en rédaction depuis 3 ans.

Dès la première relecture des textes et des recettes, je fus confronté à un travail substantiel que je me devais d'exécuter en deux mois puisque la date de tombée avait été fixée par mon éditeur au premier novembre. Paniqué, je prenais conscience de l'important exercice d'uniformisation et de formatage qui m'incombait, mais aussi des nombreuses vérifications de recettes dont une quarantaine m'apparaissaient incomplètes ou imprécises. J'ai dû calculer et intégrer les mesures impériales, standardiser les indications techniques et bonifier le vocabulaire et le langage tout en intégrant un peu de poésie dans une forme qui m'apparaissait trop technique. J'ai dû colliger les photos accumulées, en faire de nouvelles.

Bref, un travail beaucoup plus important que je ne l'aurais cru. Ma chronique Champs libres en fut affectée, car je n'ai pu traiter d'une foule de sujets d'actualités qui me préoccupaient dont la croissance de l'usage des pesticides en milieu agricole et de leurs résidus dans nos aliments, la pollution des plans d'eau engendrée par ces mêmes pesticides et les eaux usées de Montréal, l'élevage prochain de saumon transgénique à des fins de consommation humaine, le terrorisme et la fraternité humaine, les changements climatiques et tous les défis qu'ils requièrent. Je reviendrai dans mes prochaines chroniques sur certains de ces sujets et reprendrai à partir de décembre mes livraisons normales, car je viens tout juste de clore un cycle de travail important en livrant à mon éditeur la conclusion de mon livre que je vous propose en guise de Champs libres.

Nourrir l'espoir

Très jeune, j'ai baigné dans la beauté du monde. Mes parents appréciaient les espaces sauvages au sein desquels ils m'entraînaient régulièrement : chalet à Sainte-Adèle, séjours de chasse et de pêche dans la Petite nation et dans Charlevoix, voyages d'été en Nouvelle-Angleterre, en Gaspésie et dans l'Ouest canadien : cela sans compter la maison familiale campée sur la pointe ouest de l'île Jésus et ceinturée par des hectares de terres vierges, des boisés de fermes hébergeant une généreuse faune terrestre et ailée, des marécages grouillant de batraciens et de couleuvres.

Retour d'expédition

Doté d'un tempérament solitaire et contemplatif, je parcourais sans peur et sans reproche des kilomètres de forêt, j'escaladais les plus hauts sommets pour m'offrir des points de vue saisissants, je m'incrustais dans les vallées profondes et humides de façon à communier avec les mousses et les lichens, j'humais à pleins poumons les plantes de sous-bois, j'enlaçais les arbres, j'explorais les cavernes formées par des éboulis de roches, j'épousais les saisons et succombais au clair-obscur. Bref, je faisais partie intégrante du bouclier laurentien qui depuis ce temps me reconnait, m'accueille et m'apaise.

C'est de la colline sur laquelle était érigé le chalet familial à Sainte-Adèle que j'ai assisté au déroulement de l'autoroute 15, à l'impression de sa cicatrice inexorable sur des montagnes que je chérissais. J'ai observé, impuissant, l'abattage massif d'arbres centenaires, le dynamitage des crêtes, le va-et-vient d'une ribambelle de bulldozers, de pelles géantes et de camions, une armée d'acier implacable qui mettait à mal mes perspectives et mes paysages, assassinait ma ligne d'horizon, contaminait mes couchers de soleil. Mes étoiles laurentiennes étaient à jamais ternies. La tristesse qui m'habitait devant cette destruction incompréhensible d'un paysage qui avait bercé mon enfance et conditionné ma définition de la beauté m'a fait prendre conscience de la préséance du développement économique sur la protection de l'environnement et m'a inoculé cette urgence qui m'habite de protéger la Vie. À l'âge de 10 ans, j'étais déjà, sans le savoir, un écologiste.

Brume
Je me suis élevé avec la brume qui émerge des lacs aux aurores...

Ma vie a par la suite suivi naturellement son cours avec, en filigrane, ce besoin intrinsèque de proximité avec la forêt, les cours d'eau, les jardins et la terre. Je me suis élevé avec la brume qui émerge des lacs aux aurores, j'ai bu la lumière du crépuscule se reflétant sur les parois rocheuses des montagnes, j'ai échangé avec les huards de mon canot qui fendait l'onde sous l'éclairage d'une lune remplie de jaune. J'ai cultivé la terre, j'ai semé des millions de fleurs que j'ai vues devenir fruits, je fus séduit par l'artichaut et le salsifis, la groseille et la framboise. J'ai produit des céleris-raves et des poivrons, des topinambours et des panais, des betteraves et des carottes. J'ai nourri la terre, m'en suis repu. Je me suis arrimé aux saisons, aux heures du jour, mais surtout, j'ai appris à reconnaître une terre grasse et fertile qui fourmille de vie. J'ai appris à aimer cette matière féconde qui se fait de plus en plus rare, j'ai appris à vénérer notre planète, à la protéger contre vents et marées. J'ai écrit sur la culture écologique, sur l'alimentation et sur l'environnement. J'ai discouru sur les mêmes sujets. Aujourd'hui, inquiet et perplexe, je me permets de conclure cet ouvrage par une réflexion sur la suite du monde.

Vivre sans nuire

Avec l'augmentation constante des surfaces établies en plantes transgéniques et des pesticides qui y sont appliqués, avec la perte effarante de notre biodiversité, avec la pollution généralisée de nos eaux souterraines et de surface, mais surtout avec la hausse des températures qui se profilent à l'horizon avec toutes les conséquences qui s'y rattachent, il m'apparait fondamental de revoir notre mode de vie, de repenser à la manière d'échanger entre nous de sorte que, ultimement, nous améliorerons nos rapports avec notre environnement, nos ressources naturelles et notre terre arable.

J'ai depuis mes premiers écrits proposé le jardinage comme pierre d'assise d'un mode de vie responsable et gratifiant. L'activité qui permet une communion intime avec les règnes végétal et animal rapproche celui ou celle qui la pratique du cycle des saisons, du cycle des jours, du cycle des matières organiques, en somme du cycle de la vie. Le jardinage contribue à une prise de conscience des assises réelles de notre existence, bien plus proches de la terre, de l'air et de l'eau que de la Bourse, des actions et du capital.

Avec Le festin quotidien, je complète cette proposition. L'adoption d'une approche alimentaire éthique et biologique, tout en contribuant à la santé et à l'art de vivre, permet de réduire son empreinte écologique et sa dépense de carbone. En optant pour une vie sobre qui gravite autour du jardin et de la table, de l'art et de l'amitié, de la contemplation et de la fraternité, l'être humain trouve une réponse cohérente à ses aspirations fondamentales ce qui a le mérite de réduire son agitation, ses besoins d'acquisition et d'excitation. Il se rapproche ainsi de cet état de plénitude dont parlent les grands maîtres du bouddhisme. Ce sentiment de contentement et de bien-être limpide rend l'avoir désuet et dresse la table pour l'état d'être. Une table dressée avec une proposition gastronomique santé, locale et responsable. Je vous propose d'en faire l'expérience. Vous pourriez être surpris par les bienfaits qu'elle génère!

Ainsi sera le festin!

Le festin quotidien sera lancé vendredi le 11 mars à l'Expo Manger Santé et Vivre Vert.

Bouddha

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage


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Volume 11, numéro 19 — Mercredi, 2 décembre 2015
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