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Full ornemental

Champs libres

Full ornemental

Alors que le peintre fixe sur sa toile le paysage d'un moment avec ses couleurs, son mouvement et sa lumière propre, le jardinier dispose dans l'espace les végétaux qui se déploieront le temps d'une saison. Les plantes évolueront en symbiose pour développer les attributs qui inviteront les insectes, essentiels à la fécondation de leurs fleurs et à la production de leurs semences. Le tableau créé vit et respire. Il en émane une lumière distincte qui donne à l'œuvre sa singularité, sa couleur et son charme. Aubes brumeuses de juillet, soirées fraîches de la fin d'août, après-midi rougeoyants de septembre, matins givrés d'octobre, journées pluvieuses de novembre, aurores enneigées de décembre. Pas un jour, pas une heure, pas un instant le tableau n'est semblable.

Un seul jardin

Pommettier

À notre arrivée à Saint-Didace en 1980, nous avions comme projet de développer une production de légumes de conservation, un choix qui avait l'avantage de faciliter la mise en marché. Nos clients étaient avertis à l'automne lorsque leur commande était prête. Ils venaient alors la cueillir et aidaient parfois à sortir de terre les dernières racines. Ce furent nos années d'apprentissage de la culture biologique que nous pratiquons avec ferveur depuis ce temps.

Digitales en fleurs
Digitales en fleurs

Un voyage gagné lors du concours de jardinage organisé en 1985 par la revue Harrowsmith nous a conduits en Angleterre où nous sommes tombés sous le charme des jardins anglais. Je me souviendrai toujours de ce moment où nous visitions le jardin de Great Comp dans le Kent alors que j'étais complètement transfiguré par sa magnificence. Cinq acres de jardins tout en sinuosités, parsemés de conifères somptueux, mis en valeur par des milliers de salvias et de digitales en fleurs qui sublimaient le jardin. Toutes ces teintes de verts magnifiées par les pluies abondantes du sud de l'Angleterre, ces textures chatoyantes, l'ambiance sauvage, désinvolte d'un jardin soigneusement manucuré durant des décennies par le couple de retraités, Eric et Joy Cameron, qui l’a imaginé et réalisé. C'est là, au cœur de ce jardin d'exception, que j'ai confié à ma douce : « C'est cette énergie qu'on va recréer à Saint-Didace ». L'idée n'étant pas de copier Great Comp mais bien de reproduire sa quintessence.

Zinnia et palissade

L'année suivant ce voyage, nous avons transformé une partie de nos jardins maraîchers en jardins floraux, inspirés par ce que nous avions observé en Angleterre. Nous avons marié le comestible et l'ornemental en ceinturant les sections légumières par des parcelles aménagées tantôt à l'anglaise tantôt à l'orientale. La biodiversité du jardin s'accrut, devenant garante de son équilibre et de sa productivité.

Le jardin écologique éblouit par sa prodigieuse vitalité qui se mesure au nombre d'insectes qui y butinent, de batraciens qui y croassent et d'oiseaux qui y nichent. L'équilibre qui en émane apaise, émerveille, envoûte, élève et inspire. Lorsqu'on y déambule ou qu'on y travaille, il confère une plénitude et une sérénité qui étreignent le cœur et l'âme, communiquant une paix profonde qu'on voudrait pérenne.

Lanterne dianthus

Enthousiasmés par les résultats, nous avons décidé d'ouvrir nos jardins au public en 1990 afin de faire vivre à nos visiteurs cette même émotion perçue au cœur de Great Comp — certains, certaines la ressentent — , une mission que nous avons conservée depuis.

Au moment d'écrire ces lignes, nous avons complété l'établissement des sections légumières. Nous nous concentrons dorénavant sur les parties ornementales qui occupent près de 30 % de nos surfaces. Comme nous disposons de moins de compost pour ces sections, nous travaillons ponctuellement, fosse de plantation par fosse de plantation.

En premier lieu, le terrain est travaillé superficiellement à la bêche tranchante afin de décapiter les plantes adventices qui l'ont colonisé, puis un binage est pratiqué. Je décide ensuite de la composition de l'aménagement en fonction de la disponibilité des plants produits par semis, de leur hauteur et de l'harmonie de couleurs souhaitée. Je détermine la position et la forme des massifs pour chaque espèce et fixe la densité entre chaque plante. Ensuite, les fosses de plantation sont creusées, amendées puis nous transplantons les végétaux un à un, avant de les arroser. Un dernier binage de surface permet d'effacer les traces de pas et de donner à l'espace une allure naturelle. Merci à nos stagiaires pour leur contribution sans laquelle il nous serait impossible de recréer cette oeuvre, année après année.

Yves transplante

Ainsi, la plantation et la disposition des fleurs constituent mon lot de travail en cette période de l'année: imaginer, créer, réaliser. Je n'ai pas de plan. J'ai produit des fleurs selon mes goûts : zinnias, dahlias, rudbeckies, cosmos, lychnis, tournesols, ricins, canas, tithonias, émilias, ageratums, malopes, lavatères, pour ne nommer que celles-là. Avec l'inventaire dont je dispose, je crée et planifie l'aménagement le matin même de la plantation, parfois sommairement la veille.

Une fois le travail complété, je baigne dans une félicité bienfaisante. Je n'ai plus qu'à entretenir les cultures, à profiter de la symbiose créée et à me nourrir de cette grandiloquente beauté, en constante évolution jusqu'aux premiers gels d'automne.

Question alimentaire, j'ai eu la chance le 15 avril dernier d'être filmé par Jean-Jacques Marcil alors que je livrais une conférence sur la qualité biologique intitulée Manger bio pour la différence dans le cadre du 30e anniversaire du Regroupement des jardiniers écologique (RJÉ). Jean-Jacques a produit à partir de ce tournage deux vidéos qui résument les raisons pour lesquelles on devrait opter pour la qualité biologique. Vous pouvez visionner et partager ces vidéos à votre convenance à partir de ces liens ou de ma page Facebook.

Manger bio pour la différence.
La valeur nutritive supérieure des aliments biologiques.

Manger bio pour la différence.
Les dangers reliés à la consommation de pesticides.

Pour clore cette saison de covivia, je vous laisse avec un clip qui présente mon travail poétique sur scène avec un rap, une chanson et un monologue, tous teintés de politique.

La politik

Je présenterai à quelques reprises cet été mon cabaret Rutabaga rumba.

Le 5 août au festival culturel de Mandeville
Le 8 septembre, à 20 h, à l'Ange vagabond de Saint-Adolphe-d'Howard
Le 29 septembre, à 16 h, au café O Marguerite de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson.

Bienvenue à toutes et à tous !

Nos jardins se feront aussi un plaisir de vous accueillir à partir du 7 juillet !

Les Jardins du Grand Portage - saison 2018

Tournesol Sunrich

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage


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Volume 14, numéro 6 — Mercredi, 13 juin 2018
  
 

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