Acupuncture Addiction Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Anarchisme Anatomie Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Arbre Aromathérapie Art Arthrose Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Cabane à sucre Calendrier Cerveau Chamanisme Channeling Chant Christianisme Coaching Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Danse Dentisterie Eau Écologie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Faune Femme Fleurs de Bach Forêt Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Jardinage Jeûne Kabbale Leadership Lithothérapie Mantra Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Microbiote Mort Mouvement Mycothérapie Naissance Nature Naturopathie Neuroscience Numérologie Nutrition Ornithologie Ostéopathie Parkinson Permaculture Phamacopée Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Shiatsu Société Soin Corporel Son et vibration Soufisme Spiritualité Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vieillir Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche Zen
  Imprimer Imprimer

Cheminant vers un homme immense...

Cheminant vers un homme immense...

En septembre dernier, comme il se devait pour le jardinier que je suis, je me suis rendu au Jardin botanique de Montréal afin d'y contempler les oeuvres présentées dans le cadre des Mosaïcultures Internationales et peut-être aussi un peu pour tenter de comprendre ce qui faisait courir en ces lieux tous les amateurs d'horticulture du Québec. J'ai accédé au site par la rue Rosemont pour en premier lieu lézarder dans l'arboretum du Jardin, riche d'une multitude de collections d'arbres jamais banals, parfois intrigants, toujours inspirants.

J'ai musardé dans le jardin Leslie-Hancock où se déploient chaque printemps, en saccades dramatiques, des milliers de fleurs de rhododendrons, d'azalées et autres éricacées, jaillissant à l'unisson au coeur de ce magnifique écrin ombragé aménagé sous le faîte de pins majestueux. Malgré l'absence d'inflorescences en cette saison, je profite des bancs judicieusement disposés pour apprécier en solitaire l'ambiance feutrée et apaisante des lieux.

Je bifurque vers l'est, évite ce qui me semble être une clameur de foule pour m'éclipser dans le Jardin du sous-bois par lequel j'accède au Jardin des Premières-Nations. Je m'installe en lotus sur une roche plate toute chaude d'où je plonge mon regard sur le lac, couvert de nymphéas, qui réverbère une lumière diffuse et crayeuse. Pas de cowboy en vue. Sérénité et communion intime avec un fragment de forêt laurentienne, l'environnement rassurant de mes premières escapades forestières.

Je traverse le Ruisseau fleuri, serpente quelque peu dans le jardin alpin pour aboutir sur l'allée principale où une foule bigarrée s'agglomère devant les imposantes sculptures végétales pour tenter de les observer, mais surtout de les photographier. Bermuda, caméra, Coca-cola, barbe à papa: je me crois à Disneyland. J'accélère le pas.

Les oeuvres présentées en enfilade furent réalisées par des horticulteurs chevronnés de nombreux pays dans le cadre de cette compétition internationale organisée tous les 3 ans. Je m'arrête au ravissant jardin signé Albert Mondor. De facture résolument contemporaine, sobre et minimaliste, il me séduit par le choix des végétaux et par l'originalité des sculptures de Jeff Mcdonald intégrées à l'aménagement.

Quoique parfois très spectaculaires, toujours accomplies et résultant du fruit de milliers d'heures d'un travail soigné et méticuleux, les mosaïques végétales me laissent indifférent jusqu'à ce que je me retrouve devant L'homme qui plantait des arbres, réalisation tout aussi éblouissante qu'éloquente, car parfaitement fidèle au traits et aux lignes de son créateur. Un hommage magnifique et mérité à l'endroit de Frédéric Back qui allait nous quitter quelques mois plus tard. Reconnaissance ultime pour un homme immense par son art, sa philosophie, son militantisme, son humanité et son humilité. Je me plais à imaginer l'émotion qui a dû étreindre monsieur Back lorsqu'il a contemplé pour la première fois cette oeuvre puissante qui évoque si bien l'amour qu'il a porté à la Vie, à chaque journée, à chaque instant de son existence.

Par son film d'animation L'homme qui plantait des arbres, Frédéric Back a su animer, tout en finesse et en justesse, le remarquable récit de Jean Giono et ainsi donner vie à Elzéar Bouffier, le paysan planteur d'arbres, qui par son action quotidienne toute simple, sa persévérance détachée, sa détermination inaltérable, diffuse un message d'espoir limpide à tous ceux et celles qui croient encore à une suite du monde.

« On imagine bien cependant que, pour une réussite semblable, il a fallu vaincre l’adversité; que, pour assurer la victoire d'une telle passion, il a fallu lutter avec le désespoir. Il avait, pendant un an, planté plus de dix mille érables. Ils moururent tous. L'an d'après, il abandonna les érables pour reprendre les hêtres qui réussirent encore mieux que les chênes.

Pour avoir une idée à peu près exacte de ce caractère exceptionnel, il ne faut pas oublier qu'il s'exerçait dans une solitude totale; si totale que, vers la fin de sa vie, il avait perdu l'habitude de parler. Ou, peut-être, n'en voyait-il pas la nécessité ? »

Yves Gagnon

Les Jardins du Grand-Portage
Catalogue de semences des jardins
Bon de commande

- - -

Références :
L'homme qui plantait des arbres
Hommage à Frédéric Back
Espace pour la vie / Jardin botanique

Le 14 juin prochain, Yves Gagnon offre dans ses jardins de Saint-Didace un atelier de 5 heures intitulé, Le jardinage écologique sur le terrain. Rotation, compagnonnage, fertilisation biologique, engrais verts, irrigation, culture en planches, ravageurs et maladies seront quelques-uns des thèmes abordés par l'auteur lors de cette formation pratique et très visuelle. Pour plus d'information, voir le site internet des Jardins du Grand-Portage.

Accueil
  Flèche gauche
Volume 10, numéro 10 — Mercredi, 28 mai 2014
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE