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Dealer un lac

Dealer un lac
Baiser le soleil
Respirer dans l'eau

Je révèle les saveurs de ma terrine végétale en la poêlant en tranches, bien calées dans une sauce tomate maison. Je dépose les pièces fumantes sur un nid de linguine au beurre à l'ail. Tout en les savourant, on se répète encore à quel point il est gratifiant de manger végé.

Une fois éthiquement sustentés, Diane s'étend pour la sieste dans le refuge alors que j'opte pour la table à pique-nique que je couvre d'un matelas de sol.

Allongé sur le dos, j'expose mon corps aux rayons du soleil qui l'abreuvent par chacun de ses pores. S'atténue alors l'excitation de mes cellules ce qui réduit peu à peu mon agitation mentale. Une chaleur bienfaisante m'enveloppe et me cajole. À travers mes paupières, un prisme diamantin décompose la lumière que mes pupilles absorbent, aiguillon par aiguillon. Par ses rayons soyeux, le soleil récure mon âme. Je flotte dans un bain de lumière incandescente à quelques centimètres au dessus de la table alors que j'entends, comme venant d'outre-tombe, une voix rauque :

— On peut-tu vérifier vos prises!

J'ouvre les yeux et je discerne deux agents de la Sepaq d'allure un peu militaire.

— On pêche pas: on est en villégiature.

— Désolé de vous avoir dérangé. Votre séjour se passe bien?

— Dépouillé et dénudé, comme vous pouvez le constater, répondis-je, en enfilant maladroitement mon short.

Une fois les quidams partis, ne pouvant retrouver l'état d'apesanteur rompu, je décide de partir fendre les eaux calmes du lac avec mon canot de cèdre.

Nous sommes arrivés il y a deux jours dans la Réserve faunique Mastigouche au refuge du lac de la Tête, campé à 15 km de l'accueil Bouteille sis lui à une vingtaine de km de Saint-Zénon. Pour 200 $, nous avons dealé pour trois jours, un refuge équipé de lampes et de ronds au gaz, un lac pour nous seuls, une multitude de baies à explorer, une montagne mystique et une île dont on fait le tour en canot en une demi-heure. En prime, un couple de huards avec leurs trois ados qui se préparent déjà à leur grande migration. Curieux, les oiseaux sont venus nous saluer dès notre arrivée et s'amusent à batifoler autour du canot à chaque fois que nous sortons sur le lac.

Solitaire sur mon embarcation, je pagaie sans hâte pour me faufiler dans le chenail qui permet de contourner l'île. Une multitude de plantes aquatiques s'enchevêtrent dans l'eau tout comme en surface. La lumière danse à la surface de l'eau. Mon regard se porte sur les quelques pins blancs solitaires émergeant de la canopée forestière. Telles des sentinelles, ils semblent veiller à l'équilibre de cet écosystème au coeur duquel miroite un lac pur et insouciant. Je me plais à penser que, comme les huards, ils apprécient ma présence.

Une fois l'île contournée, j'aperçois au loin Diane me faisant des signes. Je la cueille dans le canot et nous filons de l'autre côté de la baie où se trouve un banc de sable sur lequel on se pose avec deux serviettes, une chaise, une bouteille d'eau et deux livres ...

Aussitôt arrêté, je me laisse prendre par le lac dont l'eau limpide me rassérène. Je longe la rive en nageant tout juste assez pour me maintenir à l'horizontale. Les yeux ouverts, telle une loutre, je me faufile entre les plantes aquatiques méandreuses qui glissent à la surface de mon corps. J'atterris sur un banc de sable peu profond où je m'assois, la tête à peine sortie de l'eau. Comme d'un périscope, mon regard capte la palpitation de ce lac vibrant à l'extrémité duquel se profilent d'harmonieuses montagnes laurentiennes, réconfortantes pour moi, car celles de mon enfance.

Diane qui nage au coeur de la baie me salue d'un large sourire. Moments de communion parfaits où on ne désire rien, sinon d'arrimer sa respiration au rythme des vagues sur lesquelles on se laisse doucement dériver...

Le temps est blanc
Le jour fléchit
Belle et douce nuit
La lune est bleue
Je m'assoupis
Voilà que je respire dans l'eau
Je vole même sans plumeau
Je suis enfin moi, enfin moi

Daniel Bélanger

On trouve dans les parcs et réserves fauniques du Québec une multitude de formules d'hébergement adaptées aux goûts et aux budgets de tout un chacun: camping, chalet, chalet nature, chalet compact, camp rustique et yourte.

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Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage


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Volume 10, numéro 13 — Mercredi, 10 septembre 2014
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