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L'inéluctable gel

L'inéluctable gel

On annonce du gel généralisé pour la nuit. Moment crève-coeur pour le jardinier que je suis, car il représente la première étape d'une mort annoncée. Les espèces non rustiques succomberont, mises à part celles que nous protégerons avec des toiles, soit les concombres, les poivrons et les aubergines qui profiteraient bien de quelques semaines supplémentaires pour mûrir leurs semences. Les tomates, déjà bien généreuses, seront laissées à leur sort. Nous récolterons les courges non protégées par leur feuillage afin de les prémunir d'une morsure par le froid, ce qui nuirait à leur conservation.

La plupart du temps s'ensuit après le premier gel de fin d'été une séquence de temps doux qui permet de rendre à terme plusieurs espèces légumières. On comprend l'importance d'une protection adéquate lors de la première salve du froid.

Il est bon de rappeler que plusieurs légumes tolèrent le gel et développent leur sucre et leur saveur une fois qu'ils y sont exposés. Ainsi on attendra la fin octobre pour récolter les rutabagas, les carottes, les betteraves, les panais, les salsifis, les topinambours, les choux pommés, les kales et les choux de Bruxelles. Les laitues et autres verdures tolèrent jusqu'à - 3°C, donc pour le moment, il n'est pas nécessaire de les protéger, ce que je ferai assurément en octobre afin de prolonger la saison des mescluns d'automne. Les pommes de terre gisent déjà au frais et à l'humidité dans la chambre froide alors que les oignons, l'ail et les échalotes reposent dans la grange pour quelques semaines encore avant leur transfert dans la dépense où ils se conserveront jusqu'en avril.

La veille du premier gel, c'est toujours le branle-bas. On récolte les dernières feuilles de basilic, toutes les tomates ayant pâli ainsi que les cerises de terre. Je rentre les pots de romarin, de laurier et de verveine. Je compose quelques bouquets de zinnia, une fleur aux couleurs éclatantes dont je suis épris. Je fixe pour la postérité notre 35e jardin en photographiant quelques-unes des scènes que nous avons créées au fil de la saison. La lumière de fin de journée est caractéristique de ces veilles de gel: vive et cristalline, elle rehausse l'éclat des milliers de fleurs claironnantes dont les teintes sont plus enflammées que jamais, car elles savent leur fin imminente.

À 16 heures, nous recouvrons de toiles le maximum de cultures possible, puis nous rentrons dans la maison où gémit le poêle à bois. C'est le début d'une période de contraction et d'introspection, un retour vers l'intérieur de la maison et l'intérieur de soi-même. Résignés et sereins, nous nous assoupirons épuisés, mais heureux du travail accompli, conscients qu'à l'aube, le gel aura fait son oeuvre.

Les premières lueurs me confirment que le gel fut mordant. La prairie à l'est révèle une forêt de cristaux enchevêtrés à la surface de chaque brindille, chaque feuille, chaque tige, chaque fleur. Je songe un peu triste à toutes ces plantes du jardin, souvent semées en mars à l'intérieur, qui ont succombé au gel inéluctable. Il faut maintenant lâcher prise et accepter le deuil.

Malgré le stress et la tristesse engendrés par les circonstances, il n'en demeure pas moins qu'en ce matin du 19 septembre 2014, le jardin m'offre des paysages d'une beauté dramatique. L'atmosphère singulière du matin du premier gel me conditionne à ce froid progressif auquel je suis maintenant confronté. Je m'évertue à m'y préparer au meilleur de mes capacités.

Un bel automne à vous!

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

P.S. Je décline mes Vers Solidaires avec Marc-Antoine Sauvé
au vignoble Saint-Gabriel le 22 octobre à partir de 17h


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Volume 10, numéro 14 — Mercredi, 24 septembre 2014
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