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Ombres sombres sur l'onde

Ombres sombres sur l'onde

J'ai entrepris ma saison d'écriture en vous entretenant de l'importance que l'eau tenait dans ma vie, dans notre vie et pour la Vie. Inutile de vous confier que je suis étroitement le projet Énergie Est de la multinationale albertaine TransCanada qui planifie assembler au Québec un oléoduc de 700 km afin d'exporter annuellement 400 millions de barils de pétrole lourd issus des sables bitumineux albertains, ce qui équivaudrait à près de la moitié de la production de cette filière énergétique, la plus sale de la planète. Alors qu'il m'apparaissait que les Québécoises et les Québécois demeuraient dangereusement inconscients et apathiques dans ce dossier, je dois admettre que de bonnes nouvelles ont nourri cette semaine mon espoir et ma confiance dans notre combat collectif contre une des organisations des plus puissantes à jamais avoir été créée par l'industrie pétrolière, ses milliards et ses magnats.

Ne pas nous prendre pour des citernes

En premier lieu, fut dévoilé le plan de marketing de TransCanada conçu par la firme Edelman — entreprise tentaculaire mondiale totalisant 5 000 employés qui compte comme clients une multitude d'entreprises multinationales — destiné à conditionner nos esprits afin de créer l'acceptabilité sociale du projet Énergie Est au Québec! Il y a quelque chose de tendancieux et de choquant dans cette volonté de fabriquer du consentement social et de manipuler la pensée citoyenne. La fuite dans les médias du plan a, j'ose espérer, contribué à en indigner plusieurs qui n'apprécient pas être considérés comme des citernes.

Un sondage effectué avant la fuite du plan stratégique de TransCanada révélait que seulement 33 % des Québécois appuyaient le projet Énergie Est. La teneur de ce plan ainsi que le mépris dont la société albertaine fait preuve ont sûrement depuis diminué ce pourcentage. Il importe de rappeler que le gouvernement Couillard a indiqué publiquement que l'acceptabilité sociale était essentielle à celle du projet de TransCanada.

J'apprenais au même moment que L'institut des sciences de la mer de Rimouski (L'ISMER) a refusé, malgré un manque criant de fonds, l'offre de transCanada de financer une chaire de recherche sur le béluga, une stratégie inscrite dans le plan stratégique d'Edelman. La survie de la baleine blanche est directement menacée par l'aménagement d'un port pétrolier à Cacouna, au coeur même de leur pouponnière où 175 pétroliers pouvant atteindre 250 mètres de longueur viendraient s'amarrer sur une jetée de 500 mètres. Accusée de complicité avec les pétrolières, la direction de L'ISMER annoncé le jeudi 20 novembre dernier par le biais de son porte-parole, le professeur Émilien Pelletier, que l'organisme n'irait pas de l'avant avec la proposition de TransCanada.

Enfin, quel ne fut pas mon plaisir de voir et d'entendre Gabriel Nadeau-Dubois annoncer en direct dans le cadre de l'émission Tout le monde en parle d'une manière fort éloquente qu'il transférait sa bourse de 25 000 dollars reçus du gouverneur général pour son livre Tenir Tête à une coalition d'organismes — entre autres STOP oléoduc, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec et la Coalition vigilance oléoduc — qui a initié la campagne Coulepascheznous visant à bloquer l'exportation par le Québec du pétrole albertain. Par surcroît, le jeune auteur a décidé de créer un fonds nommé doublonslamise auquel les citoyens sont invités à contribuer, ce qui se fait massivement depuis son apparition sur les ondes de Radio-Canada. En date du 2 décembre, la valeur de ce fonds atteignait 385 330 $.

Dernière heure

Dans Le Devoir du mardi 2 décembre, on apprenait qu'un comité d'experts fédéral avait classifié le béluga comme une espèce en voie de disparition ce qui incite TransCanada « à revoir ses plans liés au projet de port pétrolier de Cacouna». On pouvait aussi lire dans la même édition du quotidien que la dégringolade du prix du baril de pétrole pourrait se poursuivre et rendre l'exploitation de certains gisements de pétrole non rentable.


Baie de Magpie

Poursuivre la lutte

Bien que ces nouvelles offrent un peu de baume aux militants écologistes de première ligne, il importe de ne pas baisser la garde et de redoubler d'ardeur dans le combat contre ce projet funeste. Devons-nous rappeler que l'exportation du pétrole des sables bitumineux est bloquée à l'ouest par la Colombie-Britannique qui a rejeté le projet Northern Gateway et au sud par les Américains qui pour le moment refuse toujours Keystone.

Une majorité de scientifiques estiment que les projets d'exploitation et de transport d'hydrocarbures constituent une menace sérieuse pour l'estuaire du Saint-Laurent, à la fois coeur et poumon du pays, et contribuent peu importe leur échelle et leur nature à l'augmentation du taux de carbone dans l'atmosphère, ce qui accroit l'effet de serre et la hausse des températures. Des données récemment dévoilées par l'Agence américaine océanique et atmosphérique indiquent que l'année 2014 sera vraisemblablement la plus chaude enregistrée depuis le début des relevés de température en 1880. Raison de plus pour poursuivre activement notre lutte contre les changements climatiques, l'exploitation des hydrocarbures et leur utilisation.


Coucher de soleil aux Escoumins

S'approprier notre estuaire

Ces dernières années, j'ai pris presque toutes mes vacances en bordure du Saint-Laurent : Kamouraska, Les Basques, Le Bic, la Gaspésie, l'Île aux Coudres, Charlevoix, Côte-Nord, etc. Je me suis fondu aux rives de l'estuaire, ai apprécié ses scènes brumeuses, ses vrilles de lumière, ses paysages bouleversants toujours en métamorphose, sa faune, sa sauvagine, ses cultures et son terroir, ses gens et ses quais, ses clochers et ses villages. J'ai développé un tel sentiment d'appartenance au Saint-Laurent que sa souillure m'est devenue intolérable!

Cet automne, je fus invité à prononcer 3 conférences sur la Côte-Nord ce qui m'a conduit jusqu'à Havre-Saint-Pierre en serpentant les rives de l'estuaire, toujours grandiose et majestueux, bleuté et scintillant. À chaque perspective nouvelle, je tombais davantage amoureux de ce plan d'eau immense, si puissant et si fragile à la fois. Je me disais que si tous les Québécois et les Québécoises prenaient le temps de bien connaître leur fleuve, jamais il ne laisserait TransCanada agir en maitre chez nous. Je vous laisse avec quelques images captées sur les îles de Mingan que j'ai eu la chance de visiter par une magnifique journée de septembre.

www.coulepascheznous.com

www.doublonslamise.com

www.parcscanada.gc.ca/mingan

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage


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Volume 10, numéro 19 — Mercredi, 3 décembre 2014
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