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Triste anniversaire

Triste anniversaire
20 ans de cultures transgéniques dans nos champs

Quiconque traverse la vallée du Saint-Laurent de mai à octobre contemplera d'un côté du chemin d'interminables champs de soya stérile et assassin, de l'autre des enfilades de rangs de maïs chimérique et servile. Pour le commun des mortels, ces paysages agricoles n'évoquent rien de particulier si ce n'est une certaine confirmation que l'agriculture est devenue industrielle. Mais pour l'oeil averti, ils expriment la stérilité et la désolation, la dépendance et la soumission, la contamination et la pollution, la souffrance et la mort.

Ces cultures, souvent établies en alternance sont pour la plupart modifiées génétiquement, soit pour devenir tolérantes à des herbicides, soit pour produire des molécules insecticides. Elles sont cultivées à partir de semences enrobées de fongicide et de néonicotinoïde, un insecticide systémique qui rend la plante toxique durant sa croissance, tuant tout insecte qui le pique, qui s'abreuve de l'eau qui perle sur ses feuilles ou de celle qui s'accumule à ses pieds. C'est le cas des abeilles domestiques qui ne survivent pas à une incartade dans ces monocultures industrielles, tout comme de nombreux papillons. Citons le monarque dont la population a chuté de 90 % depuis l'apparition des plantes transgéniques insecticides. Une multitude d'insectes et d'oiseaux subissent le même sort, ce qui n'augure rien de bon pour notre biodiversité.

Ces champs uniformes et monochromes qui longent nos autoroutes et nos routes rurales sont dans les faits la propriété de Monsanto, Bayer, Dupont, Syngenta, BASF et Dow Chemical — les Big 6 — qui en ont breveté les cultures. Les agriculteurs qui les établissent leur paient une redevance et n'ont pas le droit de conserver leurs semences, totalement dépendants qu'ils sont devenus à ces sociétés agrochimiques qui leur fournissent semences et intrants, imposant ainsi leur contrôle sur leurs champs et leur régie.

Une terrifiante réalité

Peu de citoyens semblent faire de cas de l'invasion de nos terres agricoles par ces plantes trafiquées. Actuellement, ce sont principalement des cultures de maïs, de soya et de canola transgéniques qui sont cultivées au Québec. Mais les gouvernements américains et canadiens ont d'ores et déjà approuvé une betterave à sucre, une courgette, une papaye, un saumon, une pomme et une luzerne; on sait qu'ils planifient l'homologation d'un blé transgénique ainsi que d'une multitude d'autres espèces qui sont dans la mire des sociétés biotechnologiques. Bien que les risques pour la santé soient rarement évalués par des organismes indépendants — ce sont les sociétés agrochimiques qui ont la responsabilité d'évaluer les risques sanitaires et environnementaux que comportent les OGM qu'ils désirent commercialiser — des doutes raisonnables permettent de croire qu'ils ne sont pas inoffensifs. Un fait irréfutable: ils ont contribué à augmenter de manière spectaculaire l'application d'herbicides dans les champs.


Le soya Roundup Ready de Monanto

Par exemple, depuis le début des cultures commerciales transgéniques en 1996, les ventes mondiales de Roundup ont été multipliées par 15. Le glyphosate, l'ingrédient actif du Roundup de Monsanto, même à des doses extrêmement diluées, « programme la mort cellulaire en quelques heures, par les dommages qu'il cause aux membranes et à l'ADN et parce qu'il entrave la respiration cellulaire.1 » Il a aussi été démontré que le glyphosate pouvait perturber la division cellulaire. Or tous les cancers ont comme origine un problème de division cellulaire. D'ailleurs le Centre de recherche international sur le cancer (CIRC) vient de classer le glyphosate comme étant « probablement cancérogène ».

Par ailleurs, seul le glyphosate a été testé en vue de l'homologation de l'herbicide Roundup dont il constitue l'ingrédient actif; d'autres produits auxquels le glyphosate est associé (adjuvants et surfactants) sont aussi soupçonnés de toxicité, mais n'ont jamais été soumis à des études, car ils sont considérés comme inertes et surtout, comme des secrets industriels. De récentes études du docteur Seralini indiquent entre autres qu'une de ces substances, le POE-15 ou polyoxyéthylèneamine, comporterait une importante toxicité.

La présence de glyphosate résiduel dans les aliments a tellement augmenté ces dernières années que les gouvernements américains et canadiens ont dû hausser son taux admissible afin que les aliments puissent répondre aux normes sanitaires.

Une pollution vivante

Il y a quelques années, j'avais conservé dans ma chambre froide une vingtaine de racines sélectionnées de rutabaga — de l'espèce Brassica napus — afin d'en produire des semences. Le printemps suivant, j'ai mis ces racines en terre afin de leur permettre de fleurir et de produire leurs semences. Quelle ne fut pas ma déception de voir que le champ voisin avait été établi en canola transgénique — également de l'espèce Brassica napus — compatible sexuellement avec le rutabaga. Comme le pollen du canola peut être transporté sur plus de 1 km par les insectes pollinisateurs et que le pollen recèle les gènes issus de la transgénèse, je n'ai pu produire de semences de rutabaga, car un croisement avec le canola voisin devenait inévitable. De même, lorsqu'un jardinier ou un producteur cultive du maïs biologique, que ce soit du maïs grain ou du maïs sucré, lorsque du maïs OGM est présent dans les champs voisins, la contamination devient inéluctable, puisque le pollen du maïs qui est très fin, est transporté par le vent sur des kilomètres et féconde les ovules du maïs biologique dont les grains deviennent OGM.

Il faut donc comprendre que les OGM constituent une pollution vivante qui avec le temps devient rampante. Les cultures OGM contaminent les plantes avec lesquelles elles sont parentes, cultivées ou indigènes. Cette triste réalité menace l'agriculture biologique, car une culture contaminée par des champs voisins ne peut se mériter la certification biologique. Par surcroît, elle rend difficile la production de semences biologiques, exemptes des gènes issus de la transgénèse. Enfin, on a vu des agriculteurs dont les champs avaient été contaminés par des champs OGM voisins être poursuivis par des multinationales agrochimiques pour avoir cultivé des végétaux sur lesquels elles détenaient un brevet.

Une fois la pollution génétique enclenchée, elle devient irréversible et incontrôlable. Elle menace non seulement la pérennité de l’agriculture biologique, mais aussi celle de l’agriculture traditionnelle et met en danger le patrimoine génétique universel.


Le maïs traditionnel menacé de contamination rampante par le maïs transgénique


Problématiques agricoles

Après 20 années de cultures transgéniques, principalement au Canada, aux États-Unis, en Argentine et au Brésil, on est à même de constater le chaos qui se profile dans les champs. En effet, à force d'alterner des cultures résistantes aux herbicides, on observe de plus en plus de maïs, de canola et de soya devenir des plantes envahissantes.De nombreux cas observés dans les champs du Québec démontrent que lors d’une rotation des cultures, la plante OGM précédente va repousser au travers de la nouvelle rotation, affectant ainsi la future récolte.

Par ailleurs, on a remarqué que les herbicides perdent leur efficacité avec le temps ce qui en premier lieu force les agriculteurs à augmenter les concentrations ainsi que le nombre de traitements. Pire encore, les herbicides perdent totalement leur pouvoir contre certaines mauvaises herbes qui leur sont devenus tolérantes. C'est le cas de l'amarante de Palmer (Amaranthus palmeri) qui résiste dorénavant au Roundup ce qui a ouvert la voie à l'approbation par les administrations américaines et canadiennes de nouveaux OGM tolérants à l'infâme herbicide 2, 4-D produit par Dow Chemicals qui a programmé ces nouvelles plantes transgéniques. Il importe de rappeler que le 2,4-D est neurotoxique et cause des avortements spontanés. On le soupçonne de causer le lymphome non Hodgkinien et d'agir comme perturbateur endocrinien. Par surcroît, il contamine fortement l'eau et l'environnement. Monsanto n'est pas en reste. La société transnationale, qui désire conserver sa part d'un marché frôlant maintenant les 50 milliards par année en vente de pesticides, développe des plantes résistantes à son herbicide dicamba.

Après 20 années de cultures croissantes d'OGM, la démonstration est faite que les seuls à qui profitent les manipulations génétiques sont les sociétés agrochimiques qui les produisent et les commercialisent. Allons-nous leur permettre de nous imposer un autre 20 ans d'OGM ?

Que faire ?

Le dossier est de taille et le combat peut sembler inégal. Mais comme le disait Nelson Mandela, « Ça semble impossible jusqu'à ce que ce soit fait ! »

Voici quelques gestes qui peuvent être posés pour faire avancer ce dossier.

- Privilégier une alimentation biologique, car les aliments bios ne peuvent contenir d'OGM : c'est la seule forme d'étiquetage anti OGM qui soit actuellement valable et efficace.

- Éviter les produits transformés, car 70 % d'entre eux contiennent des OGM. Ainsi, en cuisinant avec des aliments naturels, on évite de consommer des OGM.

- Jardiner écologiquement et ainsi produire sa propre nourriture.

- Militer pour l'étiquetage des OGM, car si les aliments contenant des OGM étaient identifiés, il s'en vendrait peu et l'industrie renoncerait sans doute à leur développement et à leur commercialisation. Le Vermont a récemment adopté une législation allant dans ce sens. Une fois que l'étiquetage sera établi dans cet état, il sera facile de transférer la réglementation à d'autres états ou provinces.

- Lire et diffuser le nouveau guide des OGM publié par Vigilance OGM. Voir la section Guide OGM sur le site de l'organisme.

- Contribuer par un don au travail titanesque accompli par Vigilance OGM, le seul organisme québécois dont le mandat premier est la lutte contre les OGM.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

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Vigilance OGM
454, rue Laurier Est
Montréal (Québec) H2J 1E7

Site web : www.vigilanceogm.org - Courriel : contact@infoogm.qc.ca

1- Séralini Gilles-Éric. Tous cobayes. OGM, pesticides, produits chimiques. Flammarion. 2012. p.35.


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Volume 11, numéro 8 — Mercredi, 29 avril 2015
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