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En quête de champagne nature

Champs libres

Réminiscence du vieux continent

En quête de champagne nature

Aussitôt les bagages déposés dans notre chambre d'hôtel d'Arsonval, je file à Bar-sur-Aube afin de débusquer une bouteille de champagne frais pour déguster en apéro avant notre repas au restaurant de l'hôtel dont on nous dit le plus grand bien. Après tout, je ne reviendrai probablement plus jamais en Champagne : aussi bien en profiter!

Je m'arrête dans une boutique spécialisée en vins et demande un champagne biologique. Perplexe, le propriétaire me répond qu'il ne vend pas de tel vin et ne comprend pas le sens de ma requête. Je lui rétorque que l'alcool étant déjà un poison pour le corps, je préfère ne pas en rajouter ...

Du coup, j'accepte de prendre celui qu'il servira au mariage de sa fille, n'arrivant pas à oublier que 20 % des pesticides utilisés en France le sont pour ses vignobles qui représentent seulement 3 % de sa surface agricole. Par surcroît, la Champagne a très mauvaise presse à ce chapitre ce qui a le mérite de ne pas épargner les mieux nantis ...

Je tente de savourer les bulles sans pensée toxique et me concentre sur les yeux rieurs de ma blonde. Nous dormons deux soirs à l'Hostellerie La Chaumière, car nous souhaitons le lendemain sillonner La Côte des Bar, chaine de montagnettes qui s'étire de Bar-sur-Aube à l'est jusqu'à Bar-sur-Seine à l'ouest, la zone la plus au sud de la Champagne où se produit le vin du même nom.


L'Aube à Bar-sur-Aube

Une fois le petit déjeuner ingurgité – grâce à la propriétaire de nationalité anglaise, un grille-pain permet de rôtir la baguette que nous savourons « toastée », nappée de confitures et de fromage frais – nous gagnons Bar-sur-Aube et demandons à la propriétaire de la boutique d'aliments naturels où trouver du champagne nature. Elle nous informe que du côté est de la Côte, il existe très peu d'ouverture face au bio: ainsi la totalité des viticulteurs y vaporise allègrement leurs vignes. Par contre, du côté occidental, près de Bar-sur-Seine, de nombreux jeunes se sont mis au bio et produisent des champagnes singuliers, à la fois fins et charpentés. Elle nous indique qu'elle prend le sien au vignoble Robert Barbichon, conduit en biodynamie par ses deux fils.

Comme on ne peut rapporter au Canada que deux bouteilles par personne, nous avons choisi de rapporter du champagne. Nous prenons donc la décision de nous rendre à Gyé-sur-Seine où est perché le vignoble.

Après avoir trouvé avec difficulté la bonne sortie de la ville, nous nous égarons à Meurville sur de petits chemins de vignerons, aboutissant dans un cul-de-sac au sommet d'une montagne offrant une vue réjouissante. Les champs d'orge de couleur or et ceux des blés rougeoyants séquencent les parcelles de vigne établies sur les flancs, donnant à l'ensemble une allure de damiers imbriqués aléatoirement, de courtepointe végétale contemporaine. Nous faisons demi-tour afin de retrouver notre chemin. Ici et là, nous croisons des travailleurs saisonniers affairés à terminer le palissage des vignes. La chaleur est lourde, mais les vignes dont les racines profondes parcourent le sous-sol calcaire ne semblent pas en pâtir.

Nous reprenons la route vers Landreville que nous découvrons en franchissant un col rocheux recouvert de pins hirsutes. Au gré des courbes, des coulées et des crêtes, des points de vue furtifs nous permettent de capturer la beauté pittoresque de cette petite commune champenoise sertie parmi vignes et céréales. Nous nous arrêtons en surplomb du village, à l'ombre d'un pin géant, pour casser la croûte. Salade de quinoa, une tomate noire en quartiers, prunes fraîches, un demi-sec de chèvre et un morceau de pain de kamut. L'herbe est fraîche et accueillante. La sieste s'impose.

Après un bref repos de route, nous gagnons par un chemin de traverse, la commune de Gyé-sur-Seine où nous repérons le vignoble Robert Barbichon enchâssé sur un versant escarpé du vallon. Nous sommes accueillis par Thomas Barbichon, l'un des deux frères qui ont pris la relève de l'entreprise familiale. À l'origine, elle produisait du Pinot noir qu'elle vendait au kilo à des viticulteurs du Nord qui créaient des assemblages de champagnes originaux. Aujourd'hui, elle est devenue chef de file dans la production biologique de champagne.


La Seine à Les Riceys

Après avoir fait la tournée d'usage, nous choisissons sept bouteilles constituant un bel échantillonnage de la production du vignoble puis nous poursuivons nos pérégrinations sinueuses jusqu'à Les Riceys, commune où se produit le mythique Rosé des Riceys. Puis, nous complétons notre boucle par Essoyes, village champenois typique où séjournait la famille Renoir durant l'été. Nous en profitons pour y faire quelques emplettes chez un traiteur. Sur le chemin du retour, nous traversons le pays champenois en passant par ses crêtes où est juché le fier et magnifique Noé-les-Mollets qui baigne dans les lueurs d'un soleil déclinant, nous offrant un paysage bucolique et sentimental. Un arrêt s'impose.

Une tombée de lumière
Un feuilleté d'harmonie
Une coulisse de rhapsodie
Saupoudré de félicité

Presque seuls dans ce chemin agricole étroit, nous avons pour la première fois, un sentiment de lâcher-prise, propre au voyage. Notre seule préoccupation pour le moment consiste à trouver, avant la fermeture des commerces, un sac de glace sur lequel déposer le Rosé de Saignée, de sorte qu'il soit bien frais à notre arrivée.

Une fois installés dans notre chambre, nous garnissons nos assiettes de rémoulade et de salade de carotte, de hareng mariné et d'un morceau de fromage du pays. Les bulles roses ruissellent en bouche et s'abandonnent en gorge. Les agapes font de notre chambre un petit havre de légèreté et d'abandon, les bulles ayant cette capacité de rendre une muse pétillante et son sourire enivrant.

Une bouche grenache
Des joues rosées
Un sourire rubis
Qui coule et qui saoule ...

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

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Volume 11, numéro 13 — Mercredi, 9 septembre 2015
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