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Un bionoël à toutes et à tous!

Champs libres

Un bionoël à toutes et à tous!

Quelle ne fut pas ma stupéfaction en écoutant l'émission Les Francs Tireurs le 11 novembre dernier d'entendre le docteur en biochimie et directeur scientifique de la chaire de l'UQAM en prévention et en traitement du cancer, Richard Béliveau, affirmer qu'aucun problème sanitaire n'était engendré par la présence de résidus de pesticides dans les fruits et les légumes dont 98 % en serait exempt. La sommité dans le domaine de la prévention du cancer – c'est ainsi qu'il a été présenté par Richard Martineau – manquerait-elle à ses devoirs en n'informant pas les citoyens des risques inhérents à la consommation de résidus de pesticides présents dans une majorité d'aliments? Une chose est certaine, de telles affirmations ne contribuent pas à valoriser l'agriculture biologique et ses artisans pas plus qu'elles n'encouragent l'achat d'aliments qui en sont issus.

On trouve facilement sur internet des sources d'information indépendantes sur la contamination des aliments par les insecticides et les fongicides agricoles. Le site américain whatsonmyfood.org énumère les résidus de pesticides détectés sur les principaux fruits et légumes en circulation aux États-Unis – sensiblement les mêmes qu'au Canada puisque les pratiques et les normes des deux pays sont à peu de choses près équivalentes – ainsi que leurs effets sur la santé humaine. Ces informations proviennent du Pesticide Data Program (PDP) créé par le département de l'Agriculture américain (USDA). On y apprend que 82,8 % des pommes commerciales sont contaminées par de la diphénylamine, 81 % par de la thiabendazole probablement cancérogène et source de problèmes de reproduction et 75,2 % par du pyriméthanil, toxique pour les abeilles, soupçonné d'agir comme perturbateur endocrinien et possiblement cancérogène. En tout, ce sont des résidus de 47 pesticides qui ont été détectés par l'organisme américain dans les pommes commerciales.

Pommes
Les pommes biologiques, accessibles à toutes et à tous...

Le site canadien www.ewg.org/foodnews/ classe depuis 2011 la pomme comme étant l'aliment frais le plus contaminé par des résidus de pesticides. La pomme est suivie de près par la pêche, la nectarine, la fraise, le raisin de table, le céleri, l'épinard, le poivron, le concombre, le pois à écosser importé, la pomme de terre, le piment et le duo kale et collard.

L’Agence de protection de l'environnement américain (EPA) reconnaît que 112 types de pesticides enregistrés aux États-Unis sont identifiés comme étant cancérogènes ou susceptibles de l’être. Des liens sont établis entre la présence de pesticides dans l’environnement et l’augmentation des risques de cancers du cerveau, du sein, de l’estomac, de la prostate et des testicules, ainsi que de leucémie infantile. Dans son livre Pesticides, Le piège se referme, (1) l'auteur français François Veillerette relie les pesticides à différentes formes de cancer (estomac, prostate, vessie, cerveau, lymphome non hodgkinien), à la maladie de Parkinson, à la perturbation du système endocrinien, à la baisse de fertilité masculine et à la suppression des fonctions immunitaires caractérisée par une hausse des cas d'allergie et d'asthme de plus en plus fréquents chez les enfants.

L'emploi de pesticides en agriculture fait scandale. Radio-Canada diffusait le 21 octobre dernier un reportage de Thomas Gerbet intitulé Québec a perdu le contrôle des pesticides qui relatait que « sur chaque hectare de culture, on épand aujourd'hui plus de 2 kg d'ingrédients actifs». L'enquête indique que les quantités de pesticides vendues aux agriculteurs ont crû de 27 % de 2006 à 2012. Il résulte de tous ces traitements une contamination généralisée de nos cours d'eau par des pesticides agricoles dont la présence pour plusieurs d'entre eux dépasse les seuils permis. Certaines rivières analysées dont la Yamaska, la Mascouche et L'Acadie recelaient entre 20 et 30 pesticides différents. On connaît peu l'effet cocktail engendré par leur association. Des recherches anglaises dirigées par le docteur Vyvyan Howard ont mis en évidence des synergies entre les résidus de plusieurs pesticides en mélange qui multipliaient par 10 la toxicité des produits pris séparément.

La contamination des cours d'eau – également des nappes phréatiques, des sols et des aliments qui en sont issus – ne surprend aucunement lorsqu'on connaît le laxisme gouvernemental dans ce domaine. Le gouvernement libéral de Jean Charest avait promis en 2011 de réduire de 25 % l'emploi de pesticides, tout en réduisant les ressources financières du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ). Les budgets pour la recherche et l'innovation au MAPAQ sont passés de 11,5 millions en 2013 à 1,1 million en 2015. Cette triste réalité ne contribue aucunement à diminuer la contamination des hommes, des femmes et des enfants par les pesticides.

Arrosage
Photo : Société Radio-Canada

Aujourd'hui, ce ne sont plus les agronomes du MAPAQ – leur nombre a chuté de 445 en 2010 à 351 en 2014 – qui conseille les agriculteurs pour leurs traitements phytosanitaires, mais bien des revendeurs de pesticides provenant des grandes sociétés agrochimiques telles Monsanto, Bayer Crop Science, Syngenta, Dupont et Dow Chemicals, ces deux dernières tout récemment fusionnées.

Jamais un marchand de pesticides ne recommandera une diminution d'application d'un produit qu'il vend. Au contraire, ils vantent tous la performance des cultures traitées et démonisent le moindre petit brin d'herbe étranger à la culture.

Pour prévenir une contamination par les pesticides, d'aucuns croient que le lavage des légumes suffit. Mais il faut bien comprendre que les pesticides se répartissent dans toutes les cellules des végétaux sur lesquels ils sont appliqués. D'ailleurs la mauvaise côte des pommes fut obtenue à partir de pommes pelées. On peut donc conclure que la meilleure solution pour se prémunir d'une contamination par des résidus de pesticides consiste à opter pour des aliments biologiques qui, même s'ils recèlent parfois des traces de pesticides, n'en sont à tout le moins pas directement aspergés.

Pour conclure, je suggérerais au docteur Béliveau d'effectuer un stage dans un verger du Québec de sorte qu'il puisse prendre connaissance des 25 vaporisations de poison qu'on y effectue chaque saison et d'en faire état.

Un été de wwoofing pour le docteur et un beau gros bionoël à toutes et à tous !

Joyeux Noël

Je vous recommande ce stupéfiant reportage présenté dans l'émission Enquête de Radio-Canada : Un portrait des vignobles français

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

(1) Ouvrage épuisé publié chez l'éditeur Terre Vivante en 2002

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