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Les îles de Berthier et de Sorel

Champs libres

Les îles de Berthier et de Sorel

ou l'ivresse des oiseaux


Photo : Christian Rouleau

En décembre dernier, lorsque j'ai pris la décision d'éditer Le festin quotidien, je me suis rendu compte qu'il me manquait une trentaine de photos. Des photos techniquement difficiles à réussir avec mon petit appareil: photos de chaudrons et de poêlons, de couteaux, de graines de citrouille, d'oeufs, de fromage, de gelée de tomate, de pâte à pain, de pain sortant du four, d'un sandwich à la terrine végétale dégoulinant de mayonnaise et de relish et d'une pointe de tarte au sirop d'érable et sa boule de glace à la vanille fondante. Je songeai alors à mon ami Christian Rouleau de Joliette, photographe professionnel de son métier et passionné dans mes souvenirs par le terroir lanaudois.

Il y avait longtemps que je ne l'avais vu, d'abord parce qu'on a moins besoin d'un photographe de nos jours ensuite, bien que Joliette ne soit qu'à 50 km, ce n'est pas dans la capitale de Lanaudière que je socialise. Une ville qui nous sert pour quelques courses et services, un spectacle occasionnel précédé d'un souper au bistro Terre à Tabac.

C'est donc avec une certaine appréhension que je compose le numéro de Christian qui répond avec la voix familière que je lui connais. Toujours capteur d'images, il me propose d'emblée une visite photos chez moi deux jours plus tard.

C'est lors de la séance de photos que Christian me rappelle sa passion pour les îles de Berthier et de Sorel qu'il me dit visiter chaque été avec un groupe d'amis. Il m'explique qu'ils louent des chaloupes motorisées, ce qui leur permet d'atteindre la dernière île à l'est de l'archipel, Le banc de sable, me précise-t-il, offrant une vue mirifique sur le lac Saint-Pierre. Je luis fais aussitôt part de mon intérêt pour l'excursion. Il y a 37 ans que je vis dans la région de Lanaudière et, je le confesse, n'ai jamais visité ce réputé delta du lac Saint-Pierre, un plan d'eau classé depuis le 8 novembre 2000, Réserve mondiale de la biosphère, un statut conféré par l'UNESCO.

Les 12 volontaires que nous sommes se rencontrent le 17 août à Berthierville d'où nous traversons l'Île aux castors – sur laquelle on peut parcourir un sentier pédestre riverain de plusieurs kilomètres – l'île Dupas puis l'île Saint-Ignace. Toutes ces îles que nous croisons peuvent être parcourues en vélo sur de petits chemins pittoresques et uniques.

Nous poursuivons sur la route 158 qui épouse la rive sud de l'île jusqu’à un cul-de-sac où se trouve la pourvoirie qui nous loue les embarcations. Elles sont amarrées à un quai donnant sur un chenail étroit, face à l'île aux Ours. Nous y prenons place après avoir rempli les formalités d'usage et amorçons notre périple.


Photo : Yves Gagnon

La centaine d'îles que compte l'archipel créent un imposant delta de 25 km de longueur, sillonnés par 150 km de chenaux plus ou moins larges. N'atteignant jamais plus de 3 mètres de hauteur, les îles sont en réalité de longs atterrissements formés par des alluvions qui se sont déposées là où le fleuve perd de sa vitesse, à l'embouchure du lac Saint-Pierre, un phénomène comme en voit en Égypte avec le Nil, en Louisiane avec le Mississippi et en Camargue avec le Rhône.

Constituées de longs bancs de sable recouverts d'argile et de limons, inondées en grande partie au printemps, les îles sont colonisées par une multitude de plantes aquatiques et riveraines qui trouvent là des conditions favorables à leur prolifération: on y observe entre autres divers scirpes, joncs, roseaux et carex, le céleri d'eau, la sagittaire, l'eupatoire, le foin bleu, une multitude de saules, surplombés souvent par le seigneurial liard ou peuplier à feuilles deltoïdes. Cette profusion végétale attire, nourrit et héberge une multitude d'oiseaux dont le nombre a été évalué à 288 espèces. L'archipel est réputé pour abriter la plus grande héronnière d'Amérique du Nord alors que le lac Saint-Pierre et sa région représentent la plus importante halte migratoire de l'oie de neiges.

Nous naviguons sur les chenaux entre des îles qui se succèdent, affalées dans leur delta, à fleur d'eau. Des constructions sur pilotis servent de chalets à de nombreux propriétaires – d'îles ou de terrains – qui bénéficient d'un droit acquis pour occuper cette réserve, un milieu foisonnant de vie, offrant une communion intime avec la nature. Un tracteur tiré sur une barge nous indique que l'agriculture est encore pratiquée sur les plus grandes des îles.


Photo : Christian Rouleau

Nous gagnons notre destination, la dernière île de l'archipel nommée Le banc de sable dont la partie immergée ne fait que quelques centaines de mètres. Une étroite crête de sable recouverte de saules arbustifs, de joncs, de sagittaires et d'eupatoires, surplombée en son centre par quelques liards.

Une baie accueillante et ombragée nous invite à immobiliser nos embarcations. Le paysage porte à la contemplation. On jouit d'un horizon sans fin, barbouillé de volées d'oiseaux, traversé par un paquebot occasionnel qui calque la voie maritime. L'horizon immense rappelle l'infinité de la mer et l'éternité du ciel.


Photo : Christian Rouleau

Après avoir partagé quelques agapes, certains font le tour de l'île à gué, d'autres en profitent pour roupiller. J'en fus. Je dormis peu. La valse des cumulus qui semblent vouloir séduire le ciel bleu acier, me renvoie tantôt à ma poésie tantôt à mes pérégrinations intérieures. Affalé dans le lit du delta, je louvoie dans les chenaux de mon être et m'abandonne totalement à mes rêveries. Je m'imagine seul en kayak, dérivant au fil d'eaux calmes, sous l'éclairage d'une lune pleine, en communion tranquille avec le fleuve.


Photo : Christian Rouleau

Christian RouleauPourvoirie du lac Saint-Pierre

Référence
Filles du fleuve de Christian Morissonneau. Hurtubise.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage


Affiche ÉcorchisYves Gagnon sera en tournée cet automne avec son tout nouveau cabaret Écorchis.

Il sera accompagné sur scène par Marc-Antoine Sauvé (voix, guitares, mandoline, basse et percussion) et par Daniel Heikalo (guitares, basse, banjo, cistre, flutes et percussion).

En chanson, en musique,
en vers et contre tous…

Samedi 1 octobre à 21 h 30
Le Festival international de poésie
de Trois-Rivières.
Au café bar le Zénob
171, rue Bonaventure
Contribution volontaire

Samedi 15 octobre à 20 h
Saint-Élie-de-Caxton.
Au Rond-Coin
340, rue Saint-Louis
Contribution de 10 $


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Volume 12, numéro 13 — Mercredi, 7 septembre 2016
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