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Excé D

ChampsLibres

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En 1970, le sculpteur Jordi Bonet inscrivait, sur sa murale du Grand Théâtre de Québec, la célèbre expression du poète québécois Claude Péloquin « Vous êtes pas écoeurés de mourir, bande de caves? »

Le sculpteur, tout comme l'auteur, souhaitait par cette provocation fouetter l'ardeur nationaliste des Québécois qu'ils considèrent moribonde. Bien que je ne souhaite d'aucune façon modifier la portée de leurs démarches, j'adresserais cette maxime à tous ceux qui souscrivent à l'inconscience alimentaire généralisée et à la logique agroalimentaire industrielle, en somme à tous ceux qui, par laxisme ou absence d'esprit critique, se laissent conditionner par les propos de certains chroniqueurs, journalistes ou professeurs qui, pour diverses raisons, contestent l'importance de la qualité biologique des aliments.

Tout d'abord ce fut Sylvain Charlebois, qui signait dans La Presse du 19 janvier 2013, un texte intitulé Les mythes du bio: « Ce qui prévaut dans le monde biologique, c'est l'origine même des produits utilisés. Les pesticides et fongicides utilisés dérivent essentiellement de produits naturels, mais certaines études suggèrent que ces produits peuvent être parfois aussi toxiques que certains produits chimiques.» Puis ce fut Johane Despins, coanimatrice de l'émission L'épicerie de Radio-Canada qui affirmait à l'émission Tout le monde en parle, alors qu'elle discutait des aliments transformés, qu'il n'y avait pas de différence entre les aliments biologiques et les aliments industriels. Enfin, la semaine dernière, je tombe sur le journal L'émeraude dans lequel est publié un texte intitulé Les faits sur les pesticides et les aliments qui semble être un publireportage de Santé Canada. L'article vante le système d'homologation des pesticides de Santé Canada et louange la protection qu'assure à la population L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) avec ses Limites Maximales de Résidus (LMR) qui «visent à s'assurer que l'exposition à des résidus de pesticides ne soulève aucune préoccupation pour la santé humaine.»

Or, rien n'est plus faux. De nombreux pesticides encore en usage au pays ont été homologués dans les années 70 suite à des études frauduleuses réalisées par la Industrial Bio-test Labs (IBT), reconnue coupable de falsification de données: «En examinant les archives du laboratoire, les agents de l'EPA (Environnemental Protection Agency des États-Unis) constatent une falsification routinière des données destinées à cacher un nombre infini de morts chez les rats et souris testés»[1].

Les services de cette compagnie ont été retenus à l'époque par 36 fabricants de pesticides et, malgré les falsifications observées, plus d'une centaine de pesticides homologués suite à ces expériences sont toujours en usage. C'est le cas du glyphosate, principal agent actif du Roundup, l'herbicide vedette de Monsanto, le plus vendu sur la planète. Or, cet herbicide systémique pénètre dans la plante et investit tout son organisme.

Il importe également de mentionner que les tests effectués en vue de l'homologation des pesticides agricoles par les compagnies agrochimiques ne tiennent pas compte des effets à long terme de l'ingérence quotidienne de ces poisons pas plus que de l'effet synergétique qu'ils développent entre eux.

Concernant les LMR, il faut préciser que les seuils de tolérance qui sont fixés pour un individu de poids moyen ne tiennent pas compte des enfants qui sont plus à risques. Prenons l'exemple de la pomme, aujourd'hui l'aliment frais le plus contaminé par des résidus de pesticides : supposons qu'un enfant boive chaque jour 2 portions de jus à raison de 5 à 6 pommes chacune, je n'ose même pas imaginer sa charge toxique après une semaine, un mois ou un an de cette habitude considérée par une majorité de parents comme étant parfaitement saine.

TracteurPar ailleurs, afin de ne pas nuire au commerce transfrontalier, les LMR s'ajustent au marché: elles ont entre autres été haussées par Santé Canada en 2007. Afin d'accommoder Monsanto et ses OGM, le gouvernement américain a fait passer le seuil acceptable de résidus de glyphosate dans les aliments de 1 mg/kg à 400 mg/kg, ce que s'empresse d'imiter le Canada. Enfin, il importe de préciser que très peu de tests sont effectués par Santé Canada afin d'évaluer la teneur en pesticides des aliments et qu'encore plus rares sont les rappels dus à un seuil de résidus dépassant les LMR.

L'article dans l'émeraude conclut à la manière d'un pamphlet propagandiste: «à ce jour, rien n'indique que la consommation d'aliments issus de cultures traditionnelles pose des risques pour la santé associés à la présence de résidus de pesticides, ni que des aliments biologiques soient plus sûrs pour la consommation.»

De telles affirmations me déconcertent. Il y a 30 ans que je m'intéresse à la question et je peux affirmer que toutes les études indépendantes que j'ai consultées démontrent et cumulent au final d'innombrables avantages en faveur de la qualité biologique: entre autres, que les aliments biologiques recèlent des résidus de pesticides à l'état de traces alors que les aliments industriels en sont la plupart du temps significativement contaminés, que selon l'Environmental Protection Agency (EPA), 112 types de pesticides enregistrés aux États-Unis sont identifiés comme étant cancérigènes ou susceptibles de l'être, que des liens sont établis entre la présence de pesticides dans l'environnement et l'augmentation des risques de cancers du cerveau, du sein, de l'estomac, de la prostate et des testicules, ainsi que de leucémie infantile. Et je ne mentionne pas ici la valeur nutritive supérieure des aliments biologiques, leur absence d'OGM et leur vitalité.

Chou-fleur

Pour connaître, les pesticides présents sous forme de résidus dans les aliments frais, je vous suggère fortement de visiter le site américain www.whatsonmyfood.org.

Dans le Volume 9 numéro 2 de Covivia, j'ai signé un texte intitulé L'arme biologique. Il traite des avantages de la qualité biologique. J'ai retravaillé ce texte avec mon collègue André Fauteux du magazine La maison du 21e siècle et collaborateur pour Covivia. Grâce à sa rigueur et à son professionnalisme, le dossier fut augmenté et appuyé d'une multitude de références, au point qu'il mérite d'être relu et diffusé.

Vous trouverez le texte à cette adresse :
maisonsaine.ca/dix-bonnes-raisons-de-manger-bio.

Marché

Je téléphonai à Isabelle Saint-Jean, rédactrice en chef du journal L'émeraude afin de lui faire part de ma préoccupation face à cet article qui mine des années de travail de sensibilisation au «bio» et aux risques reliés à la consommation de résidus de pesticides. Elle m'a répondu que le texte leur avait été fourni par l'agence éditions Nouvelles et que sa teneur lui avait échappé.

Il serait souhaitable que de tels faux pas ne se reproduisent pas.

Yves Gagnon

Site internet : Les Jardins du Grand-Portage

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1- Séralini, Gilles-éric, Tous Cobayes! OGM, Pesticides, Produits chimiques, Flammarion, 2012, p. 26.


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Volume 9, numéro 8 — Mercredi, 24 avril 2013
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