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Le jardin zen d'Erik Borja

Champs libres

Le jardin zen d'Erik Borja

  • Malgré le matérialisme galopant, la cupidité ambiante, la misogynie déferlante, le harcèlement banalisé et la vie souillée,
  • Malgré les parfums de houille, la fracture de l'eau, le pleur des arbres, le désarroi de la mer et la contamination de la terre,
  • Malgré la complaisance impitoyable, l'embonpoint inconséquent, la xénophobie rampante, la haine contagieuse et l'absolu banalisé,
  • Malgré la tristesse qui accable, le désespoir qui vide, les larmes qui sourdent, les cœurs qui pleurent, les âmes qui peinent
  • Malgré tous les présidents et les directeurs, les maires et les ministres, les députés et les sénateurs qui sciemment et consciemment compromettent la Vie sur Terre,
  • Malgré Donald Trump et ses semblables,
  • Je persiste et signe.
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  • Pour les enfants de Syrie qui n'ont jamais eu la chance de dessiner un mouton, pour les enfants noirs américains qui ne seront plus soignés, pour les jeunes partisans de Bernie Sanders, pour toutes les femmes du monde qui furent agressées par les propos du président, pour tous ceux qui chantent encore, pour ceux qui aident, partagent, soignent, sèment et cultivent la solidarité,
  • Je persiste et signe.
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  • Afin de contribuer à la cicatrisation de la plaie américaine, je vous présente un jardin d'exception visité en France en 2015.
  • Je vous l'offre en guise de baume pour âme décontenancée.
  • Un jardin inspirant tout comme son concepteur, Erik Borja, qui a choisi en Drôme, sur les rives de l'Herbasse, une terre pour s'établir et concrétiser son rêve de beauté.

Banc

« Le zen purifie, et élève à une plus haute dimension les désirs sains de l'homme. Il peut aider à résoudre les problèmes de la civilisation actuelle en agissant, non seulement dans la conscience profonde de chacun, mais dans celle de toute l'humanité. »
Taisen Deshimaru

Le jardin zen d'Erik Borja

Il y avait une semaine que nous subissions une canicule sans précédent, blottis dans les vallées étroites du Jura, jamais bien loin du lac de Vouglans, un lac aux eaux vertes dans lesquelles nous nous trempions quotidiennement vers les 16 heures, question d' abaisser la température de nos cellules ce qui nous permettait, en soirée, d'apprécier quelques agapes jurassiennes, accompagnées de gouleyantes lampées de Poulsard, de Trousseau ou de Savagnin, des cépages propres à ces contrées rebelles, voisines de la Suisse romane. Les vins singuliers de ce pays accompagnent à merveille les produits de son terroir rustique, particulièrement le vieux Comté, un fromage proche du gruyère, mais plus riche en notes de fleurs et de fruits. Élaboré dans ce qu'on nomme là-bas une fruitière, ce fromage d'appellation contrôlée mine ma résistance aux gras saturés.

Une accalmie climatique annoncée nous permet enfin de descendre plus au sud dans la Drôme pour visiter Le jardin zen d'Erik Borja, un incontournable pour moi. Nous contournons Lyon coiffée pour l'occasion d'un haut-de-forme de particules et atteignons en après-midi notre destination sur les rives de l'Isère, l'auberge Les Vieilles Granges, aménagée dans une ancienne ferme dauphinoise. La cuisine du pays y fut raffinée et authentique, le Croze-Hermitage à la hauteur, mais la chambrette sans fenêtre ni climatisation nous força à adopter en guise de couche, le tapis d'aiguilles accumulées sous une épinette bordant l'Isère, ce qui nous permit de jouir de la fraîcheur de la nuit et de s'assoupir enfin, aux petites heures.

Le lendemain, après un déjeuner français sans surprise, nous nous perdons sur les petites routes drômoises, à la recherche du jardin zen que nous avions pourtant croisé la veille. Après une heure de tergiversations routières, nous arrivons enfin à destination. En débarquant de la voiture, une brise venue des Alpes, confirme la chute des températures annoncée. Nous respirons mieux.

Porte d'entrée

Notre véhicule trône seul au coeur du stationnement, ce qui nous fait craindre que le jardin soit fermé. Personne à l'accueil. Nous traversons un torii tout simple qui donne sur le jardin d'accueil, sans rencontrer âme qui vive.

Dès les premiers pas, nous baignons dans un environnement aménagé avec grâce et finesse, sobriété et délicatesse, des jardins d'une perfection indicible, constitués d'une suite de lacs de sable, de ruisseaux secs, de pierres moussues, de pins et autres conifères soigneusement taillés en de menus nuages, à la manière japonaise.

Nous sommes au coeur du jardin de méditation, le premier aménagé, orienté de façon à être contemplé à partir de la maison.

Figés dans l'oeuvre, nous nous approprions cet univers minéral et végétal, apaisant et soyeux, rigoureusement manucuré. Les perspectives présentent de stupéfiantes harmonies. La chape de splendeur qui nous emmitoufle nous allège et nous élève. Abandonnés dans cet espace remarquable, seuls, hors du temps, hors du monde, nous sommes éblouis, un peu stupéfaits.

Jardin de méditation

Le jardin d'un sculpteur

Bois noueux

Algérien d'origine, Erik Borja, artiste plasticien et sculpteur, rénove au début des années 70 une vieille bergerie sur les rives de l'Herbasse, un affluent de l'Isère. À partir de la demeure, il conçoit et crée les premiers jardins, d'inspiration orientale.

Le sculpteur s'installe définitivement en Drôme en 1979 afin de poursuivre le développement des jardins. Inspiré par un récent voyage d'études de jardins dans des monastères bouddhistes zen au Japon, il entreprend à l'aide de son assistant Joseph Grimaldi la réfection du jardin de méditation, à la manière de celui du temple japonais Ryōan-ji, érigé en 1488 à Kyoto.

Il cherche toujours à rendre la grandeur par la finesse, la complexité par la simplicité, l'extraordinaire par l'ordinaire.

Soutenu par son équipe, Erik conçoit et réalise par la suite un jardin de thé. Puis il crée un espace méditerranéen, un jardin de promenade et ultimement, au fond du terrain, adossé à l'Herbasse, le jardin du Dragon avec ses cascades éloquentes, ses plans d'eau inspirants et son jardin sec.

Jardin du Dragon

Partout, les végétaux sont soigneusement sélectionnés, aménagés en massifs mouvants, insufflant au milieu une grâce légère, volatile qui pousse au lâcher-prise, au détachement, à la sérénité.

Pendant les mois d'hiver, Erik Borja rédige des ouvrages de référence sur les jardins japonais, entre autres Les leçons du jardin Zen ainsi que L'esprit du zen dans nos jardins. Il crée également des jardins pour diverses instances, dont la ville de Romans toute proche, la Bambouseraie d'Anduze et le château de Chaumont-sur-Loire, pour ne nommer que ceux-là.

C'est à notre arrivée dans le jardin du Dragon que nous rencontrons les 2 jardiniers qui entretiennent les lieux, affairés à désherber quelques platebandes. Nous payons notre dû et nous installons à l'ombre dans un petit abri surplombant le plan d'eau, question d'admirer le paysage et de savourer la brise toute fraîche.

Nous profitons en silence de ce temps précieux. Le calme nous gagne, nous nous abandonnons en toute confiance, nous goûtons une paix profonde, une joie qui nous parait inaltérable. C'est l'essence même du jardin zen.

Jardin méditarrannéen

Le JARDIN ZEN d’ERIK BORJA
chemin du Jardin Zen
26 600 Beaumont Monteux
Drôme, France

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage


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Volume 12, numéro 18 — Mercredi, 16 novembre 2016
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