Acupuncture Addiction Agriculture Alimentation Alzheimer Amérindien Anarchisme Anatomie Animaux Anthroposophie Apiculture Approche craniosacrée Approches aquatiques Arboriculture Arbre Aromathérapie Art Arthrose Artisanat Astrologie Ayurveda Botanique Bouddhisme Cabane à sucre Calendrier Cerveau Chamanisme Channeling Chant Christianisme Coaching Collectivité Communication Constellations familiales Couleur Créativité Danse Dentisterie Eau Écologie Éducation Éducation somatique Électromagnétisme Énergétique Energétique chinoise Enfants Ennéagramme Ésotérisme Famille Faune Femme Fleurs de Bach Forêt Géobiologie Guérison Habitat Hakomi Herboristerie Histoire Homéopathie Horticulture Huiles essentielles Intention Jardinage Jeûne Kabbale Leadership Lithothérapie Mantra Massothérapie Maternité Méditation Médiumnité Microbiote Mort Mouvement Musique Mycothérapie Naissance Nature Naturopathie Neuroscience Numérologie Nutrition Ornithologie Ostéopathie Parkinson Permaculture Phamacopée Philosophie Photos Physique quantique Phytothérapie Pleine conscience Poésie Pollution Portraits Psychologie Qi Gong Reiki Restos végés Rites Rituel Rolfing Santé Science Semencier Sexualité Shiatsu Société Soin Corporel Son et vibration Soufisme Spiritualité Taoisme Tarot Tourisme vert Transport Vaccins Vieillir Vitamine Yeux Yoga Yoga Derviche Zen
  Imprimer Imprimer

Plus près des étoiles

Champs libres

Plus près des étoiles

Benoit avait réservé le camp rustique Spica, du nom de l'étoile la plus brillante de la constellation Vierge. Distante de 260 années-lumière de la Terre, d'un diamètre quatre fois celui du soleil, l'astre génère une luminosité 1 500 fois plus forte que notre étoile.

Construit à 680 m d'altitude et à 1,4 km de l'accueil Sud auquel on accède par le magnifique village de Notre-Dame-des-Bois, le camp rustique qui surplombe une vallée profonde au creux de laquelle cavalcade un ruisseau gorgé par les eaux de fonte précoce offre un point de vue imprenable sur le mont Notre-Dame (905 m) en face.


Photo : Benoît Michaud

Les prévisions météorologiques annonçaient un ciel voilé et de la pluie à partir de la mi-journée le lendemain, ce qui n'augurait rien de bon pour l'observation du ciel et notre journée de randonnée. Mais pour le moment le ciel est dégagé. Nous avions pris la décision de laisser nos skis à la maison et d'opter pour les raquettes qui permettent de circuler sur des sentiers escarpés en toutes conditions.

Une fois les bagages défaits, nous profitons du temps ensoleillé pour nous rendre au premier belvédère aménagé sur le sentier qui mène au mont Saint-Joseph (1 065 m). À peine deux kilomètres de marche qui nous permettent d'apprivoiser les conditions de neige fondante et durcie et de prendre connaissance de la morphologie de ce massif circulaire de huit kilomètres de diamètre composé de huit sommets. Formation montagneuse la plus orientale des 10 Montérégiennes, le massif du Mont-Mégantic qui compte 125 millions d'années d'âge s'est formé, tout comme ses consoeurs, par l'intrusion dans la croûte terrestre de magma qui s'est refroidi avant son éruption.

C'est sur le sommet le plus élevé du massif, le Mont-Mégantic (1 105 m), que fut érigé de 1976 à 1978 l'observatoire du Mont-Mégantic. Celui-ci abrite un télescope équipé d'un miroir de 1,6 m, le quatrième en importance au Canada et, grâce à la noirceur du ciel nocturne, le plus performant de l'est de l'Amérique. C'est un projet de lutte contre la pollution lumineuse initié en 2003 qui a conduit à l'adoption d'une réglementation sur l'éclairage par la MRC du Granit. Celle-ci a entrainé le remplacement de plus de 3 300 luminaires. Il en résulta des économies d'énergie de près de 2 gigawattheures ainsi qu'une réduction du tiers de la pollution lumineuse ce qui mena, en 2007, à la création de la première réserve internationale du ciel étoilé, une grande fierté pour la région.


Photo : Benoit Michaud

Du belvédère, nous découvrons au loin, sous un ciel crépusculaire, la chaine des Appalaches dont font partie les montagnes blanches du New Hampshire et du Maine, née du plissement des plaques tectoniques et vieille de 400 millions d'années. Avec les lueurs du couchant, le spectacle nous grise. Nous prenons la décision de poursuivre le lendemain sur ce même sentier et de gravir le mont Saint-Joseph.

Après un copieux souper, muni d'un cherche-étoiles, nous explorons le ciel à partir du chemin de service afin d'identifier quelques-uns de ses constituants lumineux. Peu féru en astronomie, j'ai la chance d'être accompagné par Benoit et Tom, plus connaissants des astres célestes. Une fois la constellation de la Grande Ourse identifiée, nous repérons l'étoile Polaire et la Petite Ourse, puis nous localisons sur l'ouest la constellation Orion qui se distingue par 4 étoiles brillantes formant un rectangle caractéristique. Ce sont Rigel, Saïph, Bételgeuse et Bellatrix. Il est facile d'identifier les deux plus lumineuses : Rigel de couleur bleutée se trouve au coin sud-est du rectangle et Bételgeuse, plutôt rougeâtre, en son coin nord-ouest. Au sein du rectangle, on observe un alignement de trois étoiles, nommé les rois mages. Au cœur de la constellation, on pouvait discerner la nébuleuse d'Orion, aussi nommée M 42.

Nous avons aussi pu observer la couronne boréale caractérisée par une forme en arc de cercle, mais n'avons pu, à cause des arbres, jouir d'Andromède, une galaxie voisine de la nôtre, à seulement 2,3 millions d'années-lumière. On affirme parfois que l'arbre cache la forêt. Dans notre cas, la forêt cachait Andromède.

Le lendemain, après un petit-déjeuner composé de crêpes et de fruits frais, nous grimpons le mont Saint-Joseph, Benoit toujours devant, Tom au milieu et moi qui ahane derrière. La montée abrupte ne me laisse aucun répit et, afin de ne pas trop exposer ma piètre forme physique, j'évoque comme alibi ce reportage photo qui me permet de reprendre périodiquement mon souffle.

Nous atteignons le sommet sous un magnifique ciel dégagé au point que nous prenons un bain de soleil, moulé dans des chaises Adirondacks, orientées plein sud de façon à capter le point de vue remarquable qui s'offre à nous : au premier plan, la plaine au cœur de laquelle trône le pittoresque village de Notre-Dame-des-Bois derrière lequel se profile les montagnes frontalières du sud du Québec et en arrière plan, les montagnes blanches qui s'étendent à perte de vue.

Après un lunch pris au chaud dans le refuge des Pélerins, nous empruntons la promenade boréale qui épouse les crêtes jusqu'à un dernier belvédère d'où nous contemplons le mont Victoria devant, les montagnes de Franceville en farandole derrière, et du côté ouest, le mont Mégantic au sommet duquel scintille l'observatoire.

Quel bonheur ce fut de constater que les prévisions météorologiques sont parfois erronées! Le ciel n'a commencé à déverser ses eaux que le lendemain, alors que nous atteignons le stationnement ce qui nous fit nous dire… que nous étions nés sous une bonne étoile.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

- - -

Bibliographie

Le parc national du Mont-Mégantic. De la terre aux étoiles. Giguère, Sébastien. Muséologie in situ inc. 2012.

Le parc national du Mont-Mégantic offre différentes formules d'hébergement : chalets, camps rustiques, camps prospecteurs, refuges et sites de camping.

www.sepaq.com/pq/mme/

- - -

Yves Gagnon lance son tout nouveau spectacle Rutabaga Rumba à Québec au Tam-Tam café le vendredi 24 mars à 20 h

Rutabaga


Accueil
  Flèche gauche
Volume 13, numéro 5 — Mercredi, 8 mars 2017
Flèche droite  
 

POUR RECEVOIR LE WEBZINE