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Tel un papillon

Champs libres

Tel un papillon

Vin Papillon - Extérieur

Il est rare qu'on se sente léger comme un lépidoptère à la sortie d'un restaurant, mais une escapade au Vin papillon procure cette insoutenable légèreté propre aux papillons.

J'y avais convié mes deux filles pour souligner leurs anniversaires. Il y avait longtemps qu'on me parlait de cet établissement réputé où le chef Marc-Olivier Frappier met habilement en valeur les membres du règne végétal qu'il trouve tout autour de Montréal chez de petits fournisseurs, dont la réputée famille Legault. Les végétariens y trouveront une proposition éclatée qu'ils n'auront pu expérimenter ailleurs puisqu'ici on crée, on invente, on innove. Malgré la place éloquente conférée aux légumes, on comprend en déclinant l'ardoise que l'offre n'est pas exclusivement végétarienne: on y trouve quelques plats de viande choisie ainsi que plusieurs garnitures carnées, à mille lieues des Natural Selection de Maple Leaf.

Comme au Vin papillon, on ne prend pas de réservation, on se doit d'arriver tôt. J'arrivai vers 18 h avec Catherine. On nous fit asseoir au comptoir en attendant l'arrivée de Mylène prévue dans la demi-heure. Ce séjour au bar nous permit de savourer en guise d'apéritif un Val de Loire Les Hautes-Noëlles, un vin de pays fait exclusivement du cépage Grolleau qui produit un nectar gouleyant et soyeux qui a préparé magistralement le palais pour les agapes qui allaient suivre.

La carte est l'œuvre de la merveilleuse sommelière Vanya Filipovic qui reconnaît la valeur supérieure des vins biologiques, biodynamiques, nature, élaborés par de petits producteurs, des critères qui correspondent parfaitement à ma philosophie du vin. Je suis ici en pleine confiance quant à la nature de tout ce que nous allons ingérer.

Vin Papillon - Intérieur

Aussitôt le cadre de porte franchi par Mylène, on nous assigne notre table. Jeanne nous présente le menu ainsi que la philosophie de la maison. Attentive à nos moindres requêtes, accueillante et enjouée, elle nous suggère de choisir plusieurs plats à partager pour le bonheur de chacun. Je lis sur l'ardoise les propositions du jour qui varient selon les arrivages tout comme les vins. Je suis excité par l'originalité des propositions et dois me restreindre en fonction de nos appétits. On voudrait tout essayer, tout goûter.

Je choisis pour accompagner le repas un sauvignon d'Ardèche, La chasse aux Papillons de Jérôme Jouret que Jeanne nous décrit comme reflétant peu le caractère des sauvignons classiques, puisque beaucoup plus rond et moelleux ce que sa dégustation confirmera. Jusqu'à sa lie, le vin s'arrimera à merveille à chacun de nos plats.

En guise de mise en bouche, nous optons pour une fougasse couverte de crevettes nordiques fumées – sur place, bien sûr – garnies d'une crème sure relevée aux herbes.

Suivent en enfilades une salade magistrale de céleri-rave taillé en fines tranches rehaussée de champignons sauvages, un plat de champignons homards légèrement panés accompagnés d'une mayonnaise à la tomate, d'un éclair – fait de pâte à chou maison – aux carottes fumées et, pour couronner le tout, une poitrine de poulet grillé au charbon de bois accompagné de brocolis à peine tombés relevés légèrement de filets d'anchois. L'excitation est à son comble, les parfums et les saveurs en parfait équilibre, on déguste une harmonie qui conduit droit au firmament. Je donne mille étoiles au chef.

Je poursuivrais l'expérience dans le salé, mais vu la gourmandise de mes filles pour les douceurs, nous décidons d'opter en guise de conclusion pour trois desserts signés Guillaume Morin, le pâtissier d'office. Nous fondons pour une tartelette aux prunes Mont-Royal coiffée d'une faisselle de chèvre, nous tombons pour un Paris-Brest au maïs servi dans l'enveloppe, garni de mûres et de crème sure et nous succombons à un sorbet aux raisins Concord auréolé d'une mousseline à saveur cheese-cake. Une conclusion d'une rare élégance.

Pour clore cette rubrique, je me dois de vous faire part de la félicité qui semble animer l'âme de chaque client de ce restaurant qui par leur expression exprime une joie, une connivence et une gratitude indéniables. L'expérience sensorielle confirme Montréal comme phare mondial de la créativité culinaire tout en permettant une exploration festive de notre terroir, cohérente et relativement accessible, puisque les prix des plats sont raisonnables, permettant ainsi à plus grand nombre d'expérimenter cette insoutenable légèreté qu'on attribue aux papillons.

Mes filles étaient repues et heureuses à la sortie du restaurant. Pour ma part, mes molécules flottaient. Je recommande sans hésitation le Vin Papillon, tant pour le service cordial et chaleureux que pour sa table éclatée et sa carte de vins exemplaire. Il importe toutefois de rappeler que le restaurant ne prend pas de réservations. Donc, si on désire se prêter à l'expérience mieux vaut arriver tôt. Au pire, on savoure quelques vins dégotés par Vanya au comptoir, en attendant qu'une table se libère.

Yves Gagnon
Les Jardins du Grand-Portage

Le vin papillon
2519, rue Notre-Dame Ouest (métro Lionel-Groulx)
Montréal
Ouvert de 15 h à minuit du mardi au samedi
Prévoir de 50 $ à 100 $ par personne
vinpapillon.com - @vinpapillon

Les Serres Legault

Rutabaga rumba

Je récidive cet automne en présentant à deux reprises mon cabaret Rutabaga Rumba – Cabale malade qui comprend sketches, monologues, chansons, musiques, sexe et poésie.

Accompagné sur scène par Marc-Antoine Sauvé aux guitares, à la voix et aux percussions ainsi que par Daniel Heikalo aux guitares, au cistre, au banjo et à la flûte, je revisite mes classiques à la sauce moutarde, présente quelques textes récents et chansons nouvelles et livre un monologue sur l'orientation sexuelle.

Décapant ce cabaret? Iconoclaste? Désopilant? À vous de le qualifier en vos propres termes. Une chose est certaine, on ne demeure pas indifférent en assistant à cette cabale malade.

Le vendredi 20 octobre
Crapo
187, rue Sainte-Louise, Saint-Jean-de-Matha
18 h à 20 h
Contribution volontaire

Le vendredi 10 novembre
Atomic café
3606, rue Ontario, Montréal
20 h
Contribution: 10 $

Rutabaga Rumba


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Volume 13, Numéro 15 — Mercredi, 18 octobre 2017
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