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400 ppm

ChampsLibres

400 ppm

Jeudi le 9 mai 2013, la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère franchissait le seuil critique de 400 parties par million, au moment même où notre bon gouvernement canadien se démenait comme une girouette affolée pour promouvoir ses sables bitumineux, tant à Washington — pour soutenir le pipeline Keystone XL — qu'en Europe —pour défendre son huile libidineuse—.

Bob Ward, directeur des communications à l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement de la London School of Economics and Political Science a indiqué que la dernière fois que notre atmosphère avait connu une telle concentration de C02, c'était il y a 3 millions d'années. Le directeur commente: « nous sommes en train de créer un climat préhistorique dans lequel notre société va devoir faire face à des risques énormes et potentiellement catastrophiques.

Je me souviens d'avoir compris en 1990, alors que j'effectuais la recherche pour mon livre La culture écologique pour petites et grandes surfaces, le cycle tout simple du carbone. Durant leur croissance, les végétaux captent par photosynthèse du C02 qu'ils transforment en sucre, en cellulose et en lignine. Puis ils retournent le gaz utilisé dans l'atmosphère lors de leur décomposition. Un équilibre presque parfait.

Mathusalem
Photo : Claude Charlebois
Ces arbres sont les plus vieux sur la planète (Pins Bristlecone).
Le patriarche se nommant Mathusalem estimé autour de 4,860 ans et toujours vivant.

À l'époque, le taux de gaz carbonique dans l'atmosphère était de 350 ppm. On prévoit qu'il atteindra 450 ppm d'ici quelques décennies, ce qui entraînera une hausse des températures de 4 °C présumément vers 2060, une situation qui selon la Banque mondiale «déclencherait une cascade de changements cataclysmiques, dont des vagues de chaleur extrême, une chute des stocks alimentaires et une montée du niveau de la mer frappant des centaines de millions de personnes».

C'est ainsi que Joe Oliver, notre ministre des Ressources naturelles, fut perçu comme un tyrannosaure dans une Europe qui s'apprête à classer les différents carburants — ce qui pénaliserait le pétrole des sables bitumineux — et à imposer une taxe sur le bitume jugé trop polluant.

LaituesDans le dossier des changements climatiques, l'inaction des différents paliers de gouvernements ainsi que celle des citoyens me terrorise et me confond. Pour maintenir un semblant d'optimisme et surtout pour ne pas sombrer dans un désespoir saumâtre, je me réfugie dans mon jardin qui m'offre malgré tout sa luxuriance et sa résilience.

Le jardinage, activité carboneutre par excellence, constitue la pierre d'assise de mon mode de vie. Le jardin m'offre l'exercice physique, la communion avec le milieu, un certain détachement ainsi que la sérénité qui y est rattachée. Il me permet de tendre vers l'autosuffisance, de savourer trois repas de qualité par jour.

Pour le dépaysement, je m'offre des ballades dans les forêts environnantes, du canot sur la rivière, pour la culture, des spectacles dans la région. Le moins de déplacements possible en voiture. Ainsi, je contribue à une récession joviale, — l'austérité joyeuse de Pierre Dansereau, la simplicité volontaire de Serge Mongeau — étape nécessaire au maintien d'un climat propice à notre survie et à la poursuite des prodigieuses manifestations du monde vivant qui comblent l'être humain bien plus que tous les biens matériels qu'il ne saurait acquérir.

Devrions-nous nous morfondre d'une baisse des ventes de voitures, de pétrole, de charbon, de pesticides et de médicaments même si la contraction du marché qui en résulterait diminuerait le PIB des pays développés, la valeur des bourses ainsi que les bénéfices des actionnaires? Aucunement! Et s'il-vous-plait, qu'on cesse de nous vanter une économie matérialiste qui nous asphyxie et nous prive d'absolu!

ProdigieuseManifestation

Ces derniers mois, je me suis vautré dans l'univers fourmillant de Victor-Lévy Beaulieu, entre autres sa saga des Beauchemin initiée avec Monsieur Melville, suivi de James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, puis de La grande tribu, Bibi et Antiterre. Dans ce dernier ouvrage, davantage essai sociophilosophique que roman, l'auteur évoque le chaos climatique dans lequel s'engonce nos sociétés capitalomatérialistes: « —ailleurs très loin par là-bas, de cuisantes sécheresses, terre brûlée et brûlante, plus de farine, plus que famine, pour ventres distendus, enfiévrés, en colère de choléra! — le progrès, la civilisation, le monde triomphant de la marchandise, cette fuite en avant de l'humancité — ».

AntiTerreIl lie cette réalité à la cupidité des hommes et à leur perte d'intériorité: « ainsi l'homme perdit-il tout sens de l'harmonie et fit-il du gaspillage la condition essentielle de son prétendu développement en pillant la nature systématiquement — fini le mythe de la valeur intérieure: pourquoi penser quand la dépense économique, toute extérieure promet en même temps le ciel et la terre — ».

Tant que nous considérerons la nature comme une ressource à contrôler, à exploiter, à harnacher, à piller, tant que nous la traiterons comme du capital, un actif ou une vulgaire marchandise, nous serons les victimes de cette croissance à tout prix qui nous aveugle et nous tue à petit feu.

Voilà, c'était ma livraison de cette semaine. En souhaitant qu'elle nourrisse davantage votre désir d'aspirer à la carboneutralité que votre désespérance. Et si vous ne pouvez résister à l'attrait du déplacement, sachez qu'il est toujours possible de compenser le carbone qu'on émet.

Visitez le site www.planetair.ca.

Yves Gagnon

Site internet : Les Jardins du Grand-Portage


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Volume 9, numéro 10 — Mercredi, 22 mai 2013
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