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Pourquoi les pesticides approuvés...

Pourquoi les pesticides approuvés ne sont pas sécuritaires

Enfant souriantLes consommateurs se laissent souvent convaincre par les applicateurs de pesticides qui affirment que leurs produits sont sans danger, car ils sont homologués par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Or, il ne faut pas se laisser berner, souligne la biologiste Édith Smeesters, fondatrice de la Coalition québécoise pour les alternatives aux pesticides (CAP). La CAP a réussi à faire interdire une douzaine d'ingrédients actifs (comme le 2,4-d) d'herbicides, dont la vente au consommateur est désormais interdite par le Code de gestion des pesticides du Québec. (L'Ontario en a interdit une centaine en 2009.)

Peu de Québécois savent que les compagnies qui entretiennent les pelouses ont encore le droit d'utiliser des produits risqués qui sont inaccessibles aux consommateurs, comme le Merit et le dicamba. Édith Smeesters cite deux expertes de l'association Prevent Cancer Now, la consultante en santé publique Diana Daghofer et l'ingénieure Meg Sears, chercheure au Children's Hospital of Eastern Ontario Research Institute, qui accusent les évaluations de risques de Santé Canada d'être biaisées pour plusieurs raisons :

« • L'ARLA ne fait pas de tests, mais se fie aux données fournies par les fabricants de pesticides.

• Les tests sont effectués sur des animaux et l'extrapolation du risque pour les humains est limitée.

• Les tests sont effectués sur de courtes périodes qui ne couvrent même pas la durée de vie normale de l'animal. Chez les humains, l'exposition aux pesticides dure toute la vie et peut causer des dommages chez leurs enfants et les générations futures à cause des changements génétiques qui peuvent survenir.

• Les tests ne s'intéressent pas aux faibles doses de pesticides et à leurs effets cumulatifs. Certains problèmes de santé surviennent à des doses que l'on trouve couramment dans l'environnement et qui prédisposent certaines personnes à des cancers ou autres maladies chroniques majeures.

• Aucun test n'est effectué sur la perturbation du système endocrinien. Or de nombreux pesticides perturbent le système endocrinien, c'est-à-dire hormonal. Des changements hormonaux durant des périodes critiques du développement peuvent causer des changements permanents à la vie d'un enfant, affectant leur intelligence et leur comportement, les rendant plus susceptibles à avoir des infections, de l'asthme, de l'obésité, du diabète, des problèmes de reproduction, des maladies cardiovasculaires et des cancers.

• Seulement les ingrédients actifs sont testés. Des additifs sont ajoutés à la formulation des pesticides pour ralentir le métabolisme de l'ingrédient actif ou pour améliorer la pénétration et la dispersion du produit. Ces ingrédients dits « inertes » peuvent avoir des effets sur les humains, mais ils ne sont soumis à aucune évaluation.

• Les pesticides sont testés seuls et non en combinaison avec d'autres. Or dans la réalité, nous sommes exposés à un mélange de produits chimiques.

• L'homologation est basée sur la prémisse que le mode d'emploi sera scrupuleusement respecté. Même si les utilisateurs se donnaient la peine de lire les instructions en petits caractères sur les étiquettes, elles sont souvent difficiles à suivre.

• L'ARLA ne tient pas compte de la littérature médicale. »

C'est pourquoi Édith Smeesters prône l'application du principe de précaution. Elle conclut : « Quels que soient les doutes qui puissent encore subsister, il est inacceptable d'exposer autrui à des produits aussi controversés pour des raisons esthétiques comme le seul plaisir d'avoir un tapis vert, sans fleurs sauvages, devant chez soi ou par peur de certains insectes, généralement bien inoffensifs pour notre santé. Nous pouvons diminuer notre exposition aux pesticides en utilisant des solutions de rechange dans nos espaces verts et en mangeant des aliments certifiés biologiques.»

Pour sa part, Caroline Clément, directrice des relations publiques au groupe Vertdure, ne veut pas divulguer la recette d'herbicides que l'entreprise utilise. Par contre, au sujet des produits autorisés que sont le Merit et le dicamba, elle affirme que leur dose létale (DL50, chez 50 % des animaux testés) est plus élevée que celle de la caféine. « La toxicité aiguë de la caféine (DL50) est de 192 mg/kg chez l'humain et le rat. Par comparaison, cette valeur est de 424 mg/kg pour le Merit et de plus de 2740 mg/kg pour le dicamba (SAgE pesticides). Comme vous le savez sûrement, plus le chiffre est petit, plus la toxicité est élevée. La caféine est donc plus toxique que les produits généralement utilisés sur les pelouses. »

S'il est vrai que la caféine est mortelle à forte dose (pour un adulte moyen, il faut boire environ 81 à 100 tasses de café en un temps limité, selon la page Wikipédia sur la caféine), les scientifiques ne se préoccupent pas de la létalité du Merit ou du dicamba. Selon l'organisme américain Beyond Pesticides, le dicamba est faiblement toxique pour le développement et le système reproducteur et il pollue probablement les eaux souterraines.

Jointe par courriel, Meg Sears conclut : « La DL50 ne nous dit absolument rien sur les effets à long terme conduisant au cancer, aux maladies neurologiques, aux malformations congénitales, aux maladies cardiovasculaires, aux perturbations endocriniennes et à de nombreux autres problèmes graves. La caféine se dégrade très rapidement, si bien qu'elle est un stimulant immédiat, mais que l'effet se dissipe très rapidement sans effets résiduels [sauf si vous êtes habitués à la caféine et que vous subissez des effets secondaires mineurs et temporaires].

« D'autre part, le dicamba (et ses contaminants de fabrication toxiques) et l'imidaclopride ( Merit - l'un des insecticides néonicotinoïdes récemment interdits en Europe, car ils désorientent et tuent les abeilles) prennent beaucoup de temps à se décomposer dans l'environnement. Les résidus de produits de dégradation du Merit, dont certains sont plus toxiques pour les gens que le produit chimique d'origine, peuvent persister pendant des années. Dans la mesure où ils perturbent probablement le système endocrinien, ces produits chimiques peuvent nuire au développement dès la conception.

« Je ne pense pas remplacer mon café pour un pesticide de sitôt ! »

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À propos de l'auteur ()

André FauteuxJournaliste de profession, André Fauteux s'est spécialisé en maisons saines et écologiques en 1990.

Il a lancé en 1994 le premier magazine canadien en la matière, la Maison du 21e siècle, dont il est toujours l'éditeur et le rédacteur en chef.


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Volume 9, numéro 10 — Mercredi, 22 mai 2013
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