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Les omégas 3 influenceraient nos gènes

Les omégas 3 influenceraient nos gènes

L’efficacité des omégas 3 sur le système cardiaque et les autres systèmes du corps est controversée. Nous en avons déjà discuté (voir Incompétence ou mauvaise science?, Les omégas 3 n’auraient pas d’effet protecteur cardiaque???). Voici maintenant une étude très intéressante qui nous offre un mécanisme d’action, une nouvelle compréhension de ces effets. En effet, des chercheurs de l’INAF ont évalué l’impact de la consommation d’omégas 3 sur les gènes de personnes en santé.(1,2) Les chercheurs ont d’abord soumis les 30 volontaires (13 hommes et 17 femmes) à une alimentation santé conforme au guide alimentaire canadien pour une période de 8 semaines. À partir de la 3ème semaine, les participants ont pris des capsules d’huile de poisson qui procuraient 3g d’oméga 3 par jour (1,9g EPA & 1,1g DHA).

Aucun réel changement des paramètres cardiaques

Les chercheurs ont mesuré, à l’aide de prises de sang, les différents paramètres de santé cardiaque (cholestérol et lipides, glucose et insuline, marqueurs de l’inflammation). Durant les 8 semaines qu’a duré l’étude, ils n’ont observé aucun changement significatif dans les paramètres cardiovasculaires (le contraire eut été surprenant puisque les volontaires étaient en santé au départ). Ils n’ont noté que des baisses non statistiquement significatives des marqueurs de l’inflammation (IL-6, TNF alpha et protéine réactive C).

Modification de l’expression génétique

À l’aide de techniques de génomique, les chercheurs ont aussi évalué l’expression de plusieurs gènes. La dose de 3g d’omégas 3 par jour (durant une courte période de 6 semaines) a affecté l’expression de 610 gènes chez les hommes et de 250 gènes chez les femmes! Les gènes touchés sont impliqués dans les effets anti-inflammatoires et anti-athérogèniques (contre la formation de plaque artérielle). Les omégas 3 agiraient donc à la racine des problèmes d’inflammation et de plaque artérielle.

Il est particulièrement intéressant de voir de tels résultats chez des volontaires sains, et ce, en plus de l’alimentation saine. Comme les apports alimentaires en omégas 3 (selon une autre étude chez des jeunes adultes en santé) sont sous les recommandations officielles (3), des suppléments peuvent faire partie d’une stratégie pour améliorer la santé.

Jean-Yves Dionne

www.jydionne.com

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Références:

  1. Rudkowska I, Paradis AM, Thifault E, Julien P, Tchernof A, Couture P, Lemieux  S, Barbier O, Vohl MC. Transcriptomic and metabolomic signatures of an n-3 polyunsaturated fatty acids supplementation in a normolipidemic/normocholesterolemic Caucasian population. J Nutr Biochem. 2013 Jan;24(1):54-61. doi: 10.1016/j.jnutbio.2012.01.016. PubMed PMID: 22748805.
  2. Hamann J. Survoltés aux oméga-3, janvier 2013;48 no 1831. Sur http://www.lefil.ulaval.ca
  3. Garneau V, Rudkowska I, Paradis AM, Godin G, Julien P, Pérusse L, Vohl MC. Omega-3 fatty acids status in human subjects estimated using a food frequency questionnaire and plasma phospholipids levels. Nutr J. 2012 Jul 9;11:46. doi: 10.1186/1475-2891-11-46. PubMed PMID: 22775977; PubMed Central PMCID: PMC3412753.  (texte complet)

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Volume 9, numéro 6 — Mercredi, 27 mars 2013
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