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Équilibre, santé et vitalité

Équilibre, santé et vitalité comme cadeau de Noël – deuxième partie

Comme je l'expliquais dans l'article paru dans le dernier numéro, le stress chronique – ou une perception de danger – entraîne une sécrétion de cortisol et d'adrénaline ainsi qu'une fatigue et un déséquilibre des glandes surrénales, de l'hypophyse et de l'hypothalamus.

Ces concepts sont connus depuis longtemps maintenant. Déjà en 1936, le professeur canadien Hans Selye avait émis la théorie selon laquelle le stress serait la source de plusieurs maladies chroniques puisqu'il crée des déséquilibres physiologiques importants. Dans les années 1930, en faisant des recherches sur les impacts physiologiques du stress, il avait élaboré une théorie voulant que le corps réagisse aux évènements en trois phases : l'alarme, la résistance et l'épuisement, chacune ayant ses réactions biochimiques propres.

  1. 1. Phase d'alarme : Lorsqu'il y a perception de danger ou adaptation à un changement, l'hypothalamus, l'hypophyse et les glandes surrénales sont appelées à réagir. Ces dernières produisent plusieurs hormones, dont le cortisol, pour augmenter le métabolisme et nous permettre d'attaquer ou de fuir le danger. Une fois ce dernier passé, le corps retourne à son état normal.

Durant cette phase, les plantes médicinales adaptogènes vont augmenter la vitalité et la réserve d'énergie, nécessaires à tous ces processus physiologiques en modulant les sécrétions hormonales, surtout le cortisol. Par exemple, elles vont augmenter la sensibilité de l'hypothalamus à cette dernière pour qu'une moins grande quantité soit nécessaire à l'obtention d'une réponse. De plus, elles réduisent les réactions aux stresseurs, retardant ainsi la phase d'épuisement, et elles nourrissent les glandes surrénales pour contrecarrer une demande accrue de ces hormones.

  1. 2. Phase de résistance : Dans cette deuxième phase, l'organisme tente de résister au stress. Les niveaux d'hormones restent élevés et peuvent perturber l'homéostasie et causer des dommages aux organes internes, ce qui rend le corps plus vulnérable aux maladies. L'énergie nécessaire à ces processus diminue avec le temps et entraîne un épuisement physiologique. Comme dans la phase d'alarme, les plantes adaptogènes sont ici très importantes pour soutenir les différentes glandes impliquées et augmenter la vitalité afin de retarder la phase d'épuisement.
  2. 3. Phase d'épuisement : Dans cette dernière phase, la perception de danger dure depuis longtemps. L'organisme a perdu sa capacité d'adaptation, et c'est là qu'on voit apparaître plusieurs problèmes de santé, notamment de la fatigue, de l'insomnie, des déséquilibres immunitaires (maladies auto-immunitaires, infections à répétition, inflammation, etc.). À ce stade, les plantes adaptogènes sont essentielles pour régénérer les glandes surrénales, rééquilibrer les différentes sécrétions hormonales et permettre ainsi de recouvrer la santé.

Plantes médicinales adaptogènes

Toutes les plantes médicinales dites adaptogènes vont donc, en agissant sur l'axe entre l'hypophyse, l'hypothalamus et les glandes surrénales, augmenter la vitalité et l'énergie, et ramener l'homéostasie. Ainsi, les tissus pourront être réparés, et les divers processus physiologiques, normalisés (pression artérielle, sécrétion de neurotransmetteurs, glycémie, etc.). Ces plantes ont toutes une action cumulative, c'est-à-dire que plus elles sont consommées sur une longue période (trois mois à un an), plus leur action sera profonde et durable. En général, les gens voient une amélioration dans leur niveau d'énergie, leur capacité d'adaptation aux changements et la qualité de leur sommeil, après trois à quatre semaines. Mais ces changements ne font que s'enraciner avec le temps. Il est donc très important de continuer la prise pendant plusieurs mois.

Même si elles ont toutes des actions communes par leur mode de fonctionnement, chaque plante sera un peu différente et aura des « spécialités » que je vais tenter de vous décrire. La meilleure façon de savoir ce qu'une plante médicinale a comme effet est de l'essayer pendant une longue période, de cohabiter avec elle et de la laisser imprégner toutes nos cellules. Je vous invite donc à en choisir une qui semble mieux vous convenir pour en consommer au quotidien, sous différentes formes (teinture, infusion ou décoction), au moins jusqu'au printemps, sinon pendant un an. Vous m'en direz des nouvelles.

Rhodiola – Rhodiola rosea

La racine de cette plante grasse indigène présente dans toute la zone circumpolaire, du Canada à la Sibérie, a été abondamment étudiée pour ses propriétés médicinales, ce qui prouve qu'elle est tout aussi intéressante que le ginseng (Panax ginseng) en tant que plante énergisante, mais sans la surstimulation que peut apporter ce dernier. Elle est même plus efficace comme protectrice durant les périodes de stress intense. Elle augmente rapidement l'énergie physique, la concentration et la mémoire. Elle est aussi « cardioprotectrice », c'est-à-dire qu'elle normalise les fonctions cardiaques et aide à guérir les maladies cardiovasculaires en lien avec le stress chronique comme l'hypertension, les AVC et les infarctus. De plus, elle diminue l'anxiété, et c'est une plante de choix dans un mélange contre la dépression, surtout liée à la fatigue et au surmenage.

Parce qu'elle augmente la circulation du sang au cerveau et qu'elle agit sur l'axe entre l'hypophyse, l'hypothalamus et les glandes surrénales, comme toutes les adaptogènes, le rhodiola est intéressant durant une convalescence à la suite d'un traumatisme du cerveau, d'un déficit d'attention, ou encore pour prévenir des maladies dégénératives comme celles d'Alzheimer ou de Parkinson. Ses racines possèdent une agréable odeur de rose, mais sont aussi très astringentes. Il est donc important de les combiner à d'autres plantes médicinales pour éviter de trop assécher l'organisme.

Ashwagandha – Whitania somnifera

Cette plante de la famille des solanacées est une plante indigène des régions sèches subtropicales de l'Inde et du Pakistan. Contrairement au rhodiola, les racines d'ashwagandha ont plutôt une action calmante. Comme son nom latin (somnifera) l'indique, cette plante est utilisée pour favoriser le sommeil, autant pour s'endormir rapidement que pour dormir profondément. De plus, ses racines ont une action marquée sur la thyroïde, surtout en cas d'hypothyroïdie.

J'aime choisir l'ashwagandha lorsqu'il y a inflammation ou douleur chronique, surtout si celle-ci est en lien avec une période de stress chronique. Combinée à la racine de curcuma (Curcuma longa), cette plante est très efficace pour contrôler la douleur.

Astragale – Astragalus membranaceus

Les racines d'astragale, une plante originaire de Chine, sont utilisées traditionnellement pour améliorer l'énergie et l'immunité. Concrètement, cette plante réchauffe en profondeur et nourrit le système immunitaire pour qu'il combatte plus efficacement les infections. Elle est particulièrement intéressante en cas de fatigue, accompagnée de sensation de froid et de lourdeur au niveau des membres.

Par contre, comme c'est une plante réchauffante, elle est déconseillée en cas de fièvre, d'infection aigüe ou de trop forte chaleur, comme les bouffées de chaleur à la ménopause.

Basilic sacré – Ocimum sanctum

Cette plante originaire d'Inde et d'Asie est une plante adaptogène calmante qui a une grande influence sur le système nerveux. Elle est particulièrement intéressante lorsqu'il y a anxiété et dépression, pour calmer et protéger les glandes surrénales et le système nerveux de l'impact du stress chronique. Contrairement aux autres plantes adaptogènes qui doivent en général être consommées sous forme de décoction, de sirop ou d'extraits concentrés, les sommités fleuries de basilic sacré peuvent être prises en infusion. De plus, de nombreuses études démontrent son efficacité sur la régulation de la glycémie (hypoglycémie, syndrome métabolique ou diabète).

J'imagine que vous êtes maintenant convaincus, si vous ne l'étiez pas déjà à la fin du premier article. Je voudrais par contre souligner l'importance de combiner ces plantes merveilleuses à une forme d'exercice régulier adaptée à la quantité d'énergie disponible, ainsi qu'à des périodes de méditation ou à des temps d'arrêt complets dans la journée. En effet, ces moments d'immobilité permettent au corps, comme à la nature en hiver, de se régénérer, d'emmagasiner de l'énergie plutôt que de la dépenser et de faire le point pour prendre pleinement conscience de ce qui est important. Ainsi, on peut choisir où cette nouvelle énergie et ce regain de vitalité vont être le mieux employés pour notre bonheur et notre santé.

Références :

Winston, David et S. Maimes. Adaptogens: Herbs for Strength, Stamina, and Stress Relief. Healing Arts Press, 2007.

Yance, Donald. Adaptogens in Medical Herbalism – Elite Herbs and Natural Compounds for Mastering Stress, Aging and Chronic Disease. Healing Arts Press, 2013.

Anne Vastel
Herboriste thérapeute accréditée

514-581-0214
annevastel@guerirparlesplantes.com
www.guerirparlesplantes.com

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Le contenu du présent article écrit par Anne Vastel a pour seul but de fournir des informations au lecteur. Il ne devrait pas servir à établir des diagnostics médicaux ni à inciter ou à encourager quelqu'un à interrompre des traitements médicaux. Si vous prenez des médicaments, consultez un herboriste accrédité ou un professionnel de la santé avant de prendre des plantes médicinales.

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Volume 9, numéro 21 — Mercredi, 18 décembre 2013
  
 

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