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Baubiologie: hommage à Helmut Ziehe

25 ans de Baubiologie en Amérique du Nord
et le décès de son fondateur

Le 17 janvier dernier, Helmut Ziehe, un architecte allemand, nous quittait. Il avait 75 ans. Il y a 25 ans, Helmut Ziehe laissait l’Europe pour fonder l’Institut de baubiologie et d’écologie (IBE) en Floride et nous apporter ainsi en Amérique du Nord, les principes de la baubiologie.

Qu’est-ce que la baubiologie? Ce mot se traduit pas la biologie de l’habitat (bau en allemand). La biologie est la science qui étudie les êtres vivants. La baubiologie étudie la relation entre les êtres humains et leur habitat. Cette science a été fondée en Allemagne il y a une cinquantaine d’années. L’IBE enseigne à tout le monde aussi bien aux architectes qu’aux designers cette biologie du bâtiment. Elle forme aussi des consultants BBEC (Building Biology Environmental  Consultant) qui corrigent les problèmes de pollutions, de moisissures ainsi que ceux provenant des champs électromagnétiques aussi bien dans les bureaux que dans les résidences.

Helmut a été invité à Québec en 1993. C’est là que je l’ai rencontré pour la première fois. Dès la première année de mon baccalauréat en architecture, j’avais compris qu’il m’était impossible d’exercer ce métier sans prendre en considération la santé de la planète et la santé des êtres humains. Mais c’était à ce moment-là une orientation tout à fait nouvelle. J’avais donc décidé d’en faire une maîtrise. Il y avait alors peu de données sur le sujet. La baubiologie m’a donné une solide formation. En effet, cette formation m’accompagne encore tous les jours de ma vie, car elle a une approche globale. Elle reconnait que les êtres humains font partie de la nature. Celle-ci est le modèle sur lequel reposent ses 25 principes [1]. Par exemple, elle prend en considération les champs telluriques et cosmiques qui sont à la base de la formation de la vie sur cette planète, de l’ionisation de l’air et des champs électromagnétiques, pour ne citer que ceux-là. Ces sujets ne font pas partie de la formation d’un architecte ni du code du bâtiment, ni de LEED. Pourtant ils sont essentiels.

Une conférence organisée près de Washington D.C., du 12 au 16 octobre dernier, pour célébrer le 25e anniversaire de la fondation de l’IBE, nous a surtout donné l’occasion de fêter son fondateur. Lors du dîner donné en son honneur, il a reçu de la National Sustainability Association, pour sa vision, son travail, sa persévérance, un Lifetime Achievement Award 2012, un prix prestigieux accordé précédemment à des célébrités comme l’acteur Harrison Ford et l’architecte William McDonough. Cette conférence a attiré une panoplie de conférenciers s’intéressant à la baubiologie : médecins, chercheurs, scientifiques, MBA et avocats. Beaucoup se sont penchés sur la question des champs électromagnétiques (CEM). La baubiologie n’est-elle pas la seule science à s’occuper de ce problème dans les bâtiments. Selon ces spécialistes, 5 % de la population est hypersensible aux CEM, mais 30 à 35 % de la population serait affectée par ces champs sans s’en rendre compte. Les champs électromagnétiques peuvent être la cause de maladies neurologiques, dont la maladie d’Alzheimer. Ils peuvent réduire les spermatozoïdes et leur mobilité, endommager l’ADN. Une exposition à ces champs pendant la grossesse peut développer de l’asthme, de l’obésité chez l’enfant. D’ailleurs, plusieurs BBEC présents à cette conférence ont affirmé que maintenant 80 % de leur travail consiste à corriger les CEM chez leurs clients.

Selon l’une des conférencières, la docteure Lisa Nagy, les moisissures conduisent à l’hypersensibilité autant chimique qu’électromagnétique. Les moisissures durant la grossesse peuvent causer l’autisme chez l’enfant. Cette maladie double tout les 5 ans. Ce médecin, elle-même hypersensible à l’environnement, connait ce dont elle parle.

En effet, la baubiologie a un effet guérisseur. C’est pourquoi plusieurs personnes sont venues à la baubiologie pour se guérir. Il y a Paula Baker-Laporte, architecte, qui enseigne à l’IBE et Dre Susan Lange, qui à cause de son hypersensibilité a créé une clinique saine selon les principes de la baubiologie aidant de cette façon à populariser le travail d’Helmut Ziehe. Nous savons que notre santé est mise à rude épreuve due à la pollution de l’eau, de l’air et de la terre. Pourquoi ne pas choisir de vivre dans un environnement sain aussi bien à la maison qu’à notre travail ? Il y a un cours par correspondance que tout le monde peut suivre. On le nomme IBE 101 qui donne la base de cette science.

Le message final que Helmut nous livre est le suivant : je suis conscient qu’une personne ne peut le faire seule. Pour pouvoir répandre une bonne dose de connaissance, la collaboration de plusieurs personnes s’emparant de la même mission est nécessaire. Continuez, continuez.

Je suis tellement heureuse d’être allée à cette conférence et d’avoir pu fêter Helmut. Je crois que la baubiologie est l’avenir. L’être humain a toujours cru qu’il pouvait contrôler la nature. Il se pense supérieur à elle. Pourtant, comme nous l’ont démontré, les récents ouragans, les inondations, les sécheresses, les feux de forêt, la nature a toujours le dernier mot. L’être humain doit donc changer sa façon de penser et adopter un nouveau paradigme. Il doit apprendre à travailler avec la nature et non contre elle. Or c’est exactement ce que fait la baubiologie.

Helmut Ziehe a été un de mes mentors, un modèle et mon héros. Merci Helmut d’avoir été sur mon chemin.

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1 - Pour connaître les 25 principes de la baubiologie

Ginette Dupuy,
B.Arch. et M.Sc.(aménagement)

Site web : www.ginettedupuy.com

Site web : www.buildingbiology.net


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Volume 9, numéro 3 — Mercredi, 13 février 2013
  
 

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