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Dix priorités pour assainir une maison


Avons-nous vraiment besoin de quatre salles de bains?

Dix priorités pour assainir une maison

La santé dans l'habitation est intimement liée à la santé de la planète. Nous ne pouvons pas être en bonne santé si l'eau, l'air et la terre sont polluées. Ces deux aspects de la santé seront donc pris en considération dans cet article.

1 – Prioriser nos besoins et non nos désirs

Nos rénovations doivent répondre à nos véritables besoins. Malheureusement, nous confondons souvent besoins et désirs. Avant de commencer une rénovation, cette question est fondamentale. Nous faut-il vraiment quatre salles de bain?

2 – Préférer une maison petite et simple

Depuis les débuts des années 1950, la taille des maisons a doublé, même si celle des familles a diminué. Il faudrait revenir à un juste milieu et répondre strictement à nos besoins. Une façon « d'agrandir » la maison est de l'ouvrir vers l'extérieur en installant ses fenêtres surtout du côté sud, lorsque possible. Les fenêtres orientées au sud reçoivent toujours plus d'énergie qu'elles n'en perdent. Bien sûr, elles doivent être aussi de bonne qualité.

3 – Utiliser des matériaux naturels

Dans mon livre Habitat sain et écologique (Québec Livres, 2008), vous trouverez l'étude complète de 25 matériaux de construction. Vous remarquerez que les matériaux naturels sont les meilleurs pour notre santé et celle de la planète. Ils répondent aux critères spécifiques d'un matériau durable (p. 212). Ce sont : le bois, la terre, la pierre, le gypse, le chanvre, le ballot de paille, la cellulose, les peintures naturelles, l'huile pour le bois et les planchers en bois au lieu d'un fini à base de pétrole, etc.

4 – Recycler et réutiliser

Avant de choisir ses matériaux de construction, il est important de garder ce qui est encore bon, de le recycler ou tout simplement de le réutiliser. Un matériau conservé a le moins d'impact sur l'environnement et donc en bout de ligne sur notre santé.

5 – Miser sur le long terme

Les matériaux de qualité, d'une longue durée de vie, sont synonymes de développement durable. Souvent en rénovation, on se laisse tenter par le plus bas prix d'un matériau. Soyez conscients de l'écoblanchiment, ou verdissage, que Wikipédia définit comme « un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation (entreprise, administration publique, etc.) dans le but de se donner une image écologique responsable ».

Vérifiez les conséquences de la fabrication des matériaux sur l'environnement et sur votre santé à l'intérieur de la maison. Quand un matériau n'est pas favorable à la santé humaine et planétaire, ce produit coûte finalement très cher (comme le matériau de vinyle ou PVC mentionné à la page 119 de mon livre). S'il faut le remplacer seulement après quelques années, son bilan est encore pire. C'est pourquoi il est préférable d'avoir une plus petite maison, plus simple, mais avec des matériaux de qualité.


L'ionisation de l'air est liée au taux de mortalité par l'influenza. Source : Isaac Jamieson, Building health: The need for electromagnetic hygiene?

6 – Préserver les ions négatifs

Un autre avantage des matériaux naturels, s'ils ne sont pas recouverts de produits synthétiques, comme la finition de polyuréthane à base de pétrole pour la plupart des matériaux en bois ou la peinture acrylique appliqués sur les murs et plafonds de gypse, est qu'ils contribuent à la qualité de l'air. En effet, les finis de plastique créent de l'électricité statique qui détruit les ions négatifs favorables à la santé. L'électricité statique s'accumule davantage sur les matériaux synthétiques et le métal. Elle est générée quand l'air est trop sec (sous 30 % d'humidité relative) et est amplifiée par les champs électriques émis par les appareils et les fils électriques. La piètre qualité de l'ionisation de l'air accroît les risques d'infections, notamment dans les établissements de santé, selon le chercheur britannique Isaac Jamieson (Building health : The need for electromagnetic hygiene? http://iopscience.iop.org/1755-1315/10/1/012007/pdf/ees10_10_012007.pdf). Ce très important critère de salubrité n'est malheureusement jamais pris en considération.

7 – Réduire les champs électromagnétiques

Dans le cadre de vos rénovations, faites inspecter votre système électrique par un électricien et faites mesurer les champs électromagnétiques (CEM) par un technicien expérimenté (voir les pages Bonnes Adresses à la fin de chaque numéro de La Maison du 21e siècle). Nous baignons tous dans l'électrosmog : tours à cellulaires, Wi-Fi, tablettes, téléphones portables, sans oublier les compteurs à radiofréquences. Si vous ajoutez en plus un système électrique défectueux, vos risques de tomber malade sont très grands.

Or il y a plusieurs façons de réduire au minimum les niveaux des champs électromagnétiques dans une maison. À la page 201 de mon livre, il vous sera expliqué pourquoi ces champs sont si néfastes pour notre santé. À lire également, ce grand dossier : tinyurl.com/cem12-facons-de-se-proteger

Cuisine en bambou
Cuisine en bambou. © plyboo.com

8 – Chercher la beauté

La beauté est un élément très important. En général, les gens prennent soin des belles maisons, elles sont bien entretenues et conservées. C'est la meilleure façon d'assurer la pérennité de votre rénovation. La beauté est très subjective, mais elle a un côté universel qui élève l'être humain. C'est l'authenticité, la nature (d'où l'importance des matériaux naturels), la biophilie, définie dans les années 1960 par le psychanalyste d'origine allemande Erich Fromm comme l'amour de tout ce qui est vivant. Ce terme fut popularisé en 1984 dans le livre Biophilia du célèbre biologiste américain E.O. Wilson. Selon lui, le lien instinctif qui unirait tous les êtres vivants est à l'origine de notre besoin essentiel — souvent inconscient — de nous connecter à la nature.

9 – Faire de la chambre une oasis

Nous passons le tiers de notre vie à dormir. Notre chambre doit être un havre de santé. Elle doit nous régénérer et non nous rendre malade. Il est donc important de commencer nos rénovations par cet endroit. Dans mon livre, vous pourrez lire à la page 241 l'application des principes pour la chambre à coucher. Sur maisonsaine.ca, vous pourrez vous procurer mon article La chambre saine permet au corps de récupérer, paru dans La Maison du 21 siècle en décembre 2000, et La chambre à coucher : une oasis de santé pour mon bébé, paru à l'hiver 2005.

10 – Collaborer avec la nature

En conclusion, il s'agit de travailler avec la nature et non contre elle pour avoir une rénovation saine, écologique, pérenne et peu dispendieuse puisque qu'elle demande peu d'énergie pour se chauffer, se rafraîchir et l'entretenir. Vous pourrez ainsi continuer à aimer votre maison pendant très longtemps.

Le concept de la domination des êtres humains sur la nature, initié il y a deux millénaires par les religions judéo-chrétiennes, puis favorisé par la science de Newton, les technologies de plus en plus performantes et le matérialisme issu de la révolution industrielle, nous a déconnectés de la nature. La reconnexion est essentielle si nous voulons inverser les modèles de destruction qui dominent notre monde moderne. Les tendances lourdes du design et de l'urbanisme vert reposent sur le paradigme biophilique. C'est la base d'une toute nouvelle société qui chérit, protège et favorise l'épanouissement des êtres vivants. La rénovation de votre maison est pour vous l'occasion idéale de contribuer à bâtir ce monde plus harmonieux.

Ginette Dupuy
www.ginettedupuy.com

Ginette DupuyGinette Dupuy détient un baccalauréat en architecture et une maîtrise en aménagement de l'Université de Montréal. Le sujet de son mémoire était « L'écologie et la santé dans l'habitation ». Formée en Bau-biologie, elle est consultante dans cette jeune sciences allemande de l'habitat sain et durable. Elle est également auteure du livre Habitat sain et écologique, réédité aux éditions Quebecor en 2011. Ce livre aborde les questions de l'énergie, des matériaux de construction, de l'architecture bioclimatique, des systèmes (électromagnétisme, chauffage, spectre solaire et fenestration, radioactivité), et de l'application des principes baubiologiques aux diverses pièces d'une maison.


Note : Cet article a été publié dans La Maison du 21e siècle auparavant.


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Volume 10, numéro 17 — Mercredi, 5 novembre 2014
  
 

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